La Cinémathèque
L'empire du diamant

Film tourné en 1920, réalisé par Léonce Perret.
Noir et blanc — 35 mm — 1,33:1 — Muet

 

  • Synopsis
    Depuis un an, une formidable escroquerie fait circuler sur le marché plus de dix millions de faux diamants. A New York, la compagnie diamantifère du Cap s’émeut de ce trafic qui menace de ruiner son industrie. Il est décidé que son Président Versigny partira pour l’Europe afin de faire cesser cet énorme trafic. Il s’embarque avec sa fille Michelle et le fiancé de celle-ci, Paul Bernac. Il vont tout d’abord à Londres s’entretenir avec Graves, le Président du Diamond Trust. Or, Graves est un escroc et un faussaire. Il est le pivot de la formidable imposture que Versigny est chargé de démasquer. Le chimiste Andersen qui a, à son insu, fourni les moyens de commettre cette escroquerie, va trouver Versigny et le met au courant des faits. Graves attire Versigny dans un piège et le séquestre tandis que son âme damnée Trazy enferme Andersen dans un moulin et veut le forcer à donner le secret de sa fabrication. Trazy s’en empare et met le feu au moulin. Heureusement, Andersen réussit à s’échapper. Pendant ce temps, Paul Bernac veut disculper Versigny surtout depuis que l’on a découvert Graves assassiné. Il réussit à trouver le coupable qui n’est autre que Trazy et ainsi à disculper son futur beau-père.
  • Casting
    Robert Elliott, Léon Mathot, Lucy Fox, Laurent Morlas, Marcel Lévesque, et Henry G. Sell
D'après le roman de Valentin Mandelstann (1914)
L'empire du diamant de Valentin Mandelstann - Pierre Lafitte 1914. In-12 broché
la petite histoire

Ce film de Perret a pour particularité d’être une co-production franco-américaine avec une distribution cosmopolite. Perret était partie en Amérique en 1919 et il amorce là on retour sur le vieux continent avec ce film de long métrage qui ressemble à un serial. La France était le producteur N°1 de films avant la guerre détenant 75% du marché mondial. Après celle-ci, elle re représente plus que 10%. La guerre a ruiné la production cinématographique européenne au profit des Américains. Ces derniers ont plus d’argent et du matériel plus moderne. Perret veut offrir ici un film qui puisse plaire autant au public américain qu’au public français. Le rythme est vraiment trépidant. Il y aurait matière à un serial à épisodes avec cette intrigue criminelle parsemée de kidnappings, meurtres et poursuites. Mais, ici, tout est condensé en 78 min. Nous passons à une vitesse folle de New York à Paris, puis à Londres, Nice et Monte-Carlo. A chaque fois, le film est réalisé en extérieurs, évitant pratiquement totalement les studios. Cela donne au film une atmosphère particulière qui accroit la crédibilité d’une intrigue échevelée. On reconnaît les techniques des serials Gaumont des années 10 réalisés par Feuillade et Perret. D’ailleurs, deux anciens acteurs se sont glissés dans la distribution: Laurent Morlas, un cascadeur émérite qui saute sur un train en marche dans Barrabas et l’hilarant Marcel Lévesque qui est ici un huissier qui répond au doux nom de Pigeon. Le film comporte plusieurs moments de frisson pur avec Morlas qui s’échappe d’un moulin à vent en flammes par ses ailes ainsi que des plongeons à haut risque dans la Méditerranée depuis des falaises à pic. La composition des images rappelle les meilleurs Perret chez Gaumont. Son opérateur n’est plus Georges Specht, mais René Guissart qui réalisa là des plans de toute beauté: Plans en ombres chinoises sur le bord des falaises, encadrement des fenêtres qui s’ouvre sur la Tour Eiffel, véranda ombragée, etc. C’est la véritable poésie de Perret qui s’exprime là. Certes les personnages n’ont pas le temps d’être défini avec précision, mais, les acteurs jouent avec naturel et sans charge. Léon Mathot est ici un criminel, lui qui jouait souvent les héros. Les acteurs américains apportent un jeu dépouillé et rapide qui sied au film.

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Cinémagazine N°22 - 2 juin 1922
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