Le Festival de Cannes - 1970 / 1979

Les années 1980-1989 (En Cours)

1970

Il commence à émerger, près de 11 ans après sa création, grâce à une industrie en pleine floraison: le film pornographique….

Venise ne décerne plus de Lions, Berlin oublie de remettre un ours et Moscou est toujours en biennale…Cannes commence à dominer les Festivals.

Le Cinéma italien semble en pleine maturité, traitant des problèmes sociaux comme des rapports humains. Marcello Mastroianni décroche le Prix d’interprétation masculine avec « Dramma della gelosia (…Tutti I particolari in cronaca) » de Ettore Scola.

« Mash » de Robert Altman,  dénonçant la guerre de Corée, reçoit le Grand Prix international, le premier d’une longue série depuis 57.

D’autres controverses sont apparues et notamment la non sélection des œuvres de Ken Loach, Costa-Gavras et Sydney Pollack. Sans compter la disqualification du film de Claude Sautet « Les choses de la vie » avec Michel Piccoli et Romy Schneider (parce qu’il a été diffusé en salles avant le Festival).

Affiche 1970

L’affiche est une création originale de Ferracci.

A l’occasion de l’ouverture du 23ème Festival, entretien sur la plage avec Jean-Claude Brialy, et montée des marches pour la soirée de gala inaugural.
Le 03 mai 1970

Présentation des membres du jury du 23ème Festival et entretien avec le juré Kirk Douglas.
Le 08 mai 1970

Extrait de la cérémonie de remise des prix du 23ème Festival, au moment où l’équipe de M.A.S.H. reçoit le Grand Prix International.
Le 17 mai 1970

1971

Jack Nicholson présente « Drive, I said » et croise le futur réalisateur de « Vol au dessus d’un nid de coucou », Milos Forman, venu présenter « Taking off ».

La France batifole avec la légèreté de Jean-Paul Rappeneau et son film « Les mariés de l’an II » avec Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert, et de Michel Deville et son film « Raphael ou le débauché » avec Françoise Fabian et Maurice Ronet. Les affaires de cœur dominent cette cinématographie qui a une tendance de plus en plus commerciale.

Louis Malle aborde l’inceste dans « Le souffle au cœur ». Le film est défendu par des artistes comme Jeanne Moreau, John Lennon et Milos Forman. Il ne sera pas censuré, ni primé. Juste un haut-le-cœur passager…..

L’Amérique observe sa société et ses failles, la drogue avec « Taking off », et l’armée avec « Johnny s’en va-t-en guerre »de Dalton Trumbo, tous deux exæquo Grand Prix Spécial du Jury.

Affiche 1971

L’affiche est une création originale de Ferracci.

Pour cette édition Michèle Morgan et la présidente du jury.

Entretien avec Michèle Morgan, présidente du jury du 24ème festival international du film. Le 16 mai 1971

Luchino Visconti avec son film « Mort à Venise » reçoit le Prix du XXVème anniversaire du Festival International du Film. Le maître signe une œuvre dense et émouvante. Et on souligne ainsi l’ anniversaire du Festival.

Entretien avec Luchino Visconti à propos de son film « Mort à Venise », entrecoupée d’images du tournage.
Le 06 juin 1971

John Lennon et Yoko Ono

Le chanteur et co-fondateur des Beatles, John Lennon, est au Festival de Cannes en 1971, accompagné de sa femme Yoko Ono. Ils présentent un film qu’ils ont tous deux réalisé « Apotheosis » et dont la projection se fait au Star, rue d’Antibes, à Cannes.

Charlot est acclamé! Malgré ses problèmes de santé (il a 82 ans) et accompagné de sa femme Oona, il vient chercher sa Légion d’honneur. Il monte sur scène devant une standing-ovation mémorable. « Avec tout le mal que j’ai eu pour trouver une cravate noire, voilà que vous m’en mettez une rouge. »

Hommage à Charlie Chaplin
Charles Chaplin est fait Commandeur de la Légion d’honneur lors de la 24ème cérémonie d’ouverture du Festival international du Film.
Le 12 mai 1971

1972

Le juré Mark Donskoy parle un dialecte russe. Trois traducteurs sont réquisitionnés pour le comprendre. Vainement.

Hors compétition, Alfred Hitchcock présente « Frenzy » (Grande Bretagne), Claude Lelouch ouvre le Festival avec « L’aventure c’est l’aventure » (France), Nina Companeez (avec deux débutantes, Isabelle Adjani et Isabelle Huppert) et son « Faustine et le bel été » (France), Roman Polanski avec « Macbeth » (Grande Bretagne – Etats-Unis) et « Fellini Roma » de Federico Fellini (Italie – France)… et son poster de femme à six mamelles. En pleine période féministe, le Mouvement de Libération de la Femme réussi à les faire arracher.

Groucho Marx, le moustachu aux grosses lunettes des Marx Brothers, succède à Charlot pour la Légion d’Honneur de l’année.

 

Et si la grande star s’appelle Robert Redford, qui déjà combat en faveur de l’environnement, « Jeremiah Johnson » deviendra culte, après avoir emballé le Festival.

Cette année deux films recevront le Grand Prix International du Festival, « La classe ouvrière va au Paradis » de Elio Petri et « L’affaire Mattei » de Francesco Rosi.

Et puis lors de la Semaine de la Critique, « Fritz the Cat » de Ralph Bakshi (Etats-Unis), premier dessin animé pour adulte est projeté. « Fritz le chat » aura marqué les esprits de 1972, devenant le premier dessin animé classé X.

Affiche 1972

L’affiche est une création originale de DR.

Présentation des membres du jury du 25ème Festival de Cannes et commentaires sur la sélection de Maurice Bessy, délégué général.
Le 06 mai 1972

1972 : Festival du film à Cannes | Pathé Journal
Jeanne Moreau, Jean-Claude Brialy et Line Renaud font les honneurs de la montée des marches du Festival de Cannes.

Groucho Marx s’exprime sur l’aspect politique de ses films, et Alfred Hitchock joue au détective sur un bateau.
Le 16 mai 1972

« Solaris » d’Andreï Tarkovsky, Grand Prix spécial du Jury 1972. Extraits du film et entretien entre le réalisateur Andreï Tarkovsky et son interprète principale Natalia Bondartchouk. Le 04 juin 1972

« Nous ne vieillirons pas ensemble » de Maurice Pialat: Prix d’interprétation pour Jean Yanne, sous les huées du public, puis interview de Jean Yanne, Macha Méril et Maurice Pialat. Le 04 juin 1972

Micro-trottoir à Cannes sur l’ambiance du festival: Des inconnus, Jean-Pierre Mocky, Peter O’Toole, une starlette et Michèle Mercier.
Le 08 mai 1972

Palmarès du Festival 1972. Extraits de la cérémonie de remise des prix du 25ème Festival de Cannes et commentaires du critique Pierre Billard.
Le 20 mai 1972

1973

Parfum de scandale pour cette année 1973

Cinq ans après le mouvement de mai 68 qui a violemment critiqué la société de Consommation, le Festival de Cannes 1973 secoue la torpeur de la France Pompidolienne. La sélection Française ne manque déjà pas de piquant avec « La Maman et la Putain », manifeste post soixante-huitard de Jean Eustache qui deviendra « culte », ou « La planète sauvage » de René Laloux, magnifique dessin animé de science-fiction qui est une réflexion poétique et profonde sur les rapports de domination entre les espèces.

Affiche 1973

L’affiche est une création originale de Jouineau Bourduge.

Soirée de gala d’ouverture du 26ème Festival de Cannes et défilé de célébrités sur les marches du palais. Le 1 mai 1973

La planète sauvage (1973) – trailer

Entretien avec Jean Eustache, qui raconte la genèse de son film « La maman et la putain », puis les acteurs Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun s’expriment sur leur travail avec le réalisateur. Le 08 juin 1973

Entretien avec Jerry Schatzberg pour « L’Epouvantail », qui recevra le Grand Prix du Festival international du Film , avec Gene Hackman et Al Pacino.
Le 19 mai 1973

Entretien décalé avec Sergio Leone, venu profiter de l’ambiance du Festival, mais qui n’a pas de film en compétition et ne souhaite pas en avoir.
Le 18 mai 1973

Mais c’est « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri qui fait l’événement en montrant un groupe d’hommes ayant décidé de se suicider en mangeant jusqu’à ce que mort s’ensuive, avec toutes les conséquences peu ragoutantes que chacun peut imaginer, et dont aucune ne sera épargnée au spectateur ! Et loin d’être incarnés par des anonymes, ces hommes sont joués par quelques-uns des plus grands acteurs du moment : Marcello Mastroïanni, Philippe Noiret, Michel Piccoli et Ugo Tognazzi, accompagnés par la pulpeuse Andréa Ferréol, qui n’est autre que l’arrière-petite fille du grand poète de la provence, Frédéric Mistral. « On s’habitue à tout », lance, désabusé, le présentateur du journal télévisé, pour résumer son malaise face au scandale, mais aussi aux quelques applaudissements, déclenchés par la projection du film. Une spectatrice quinquagénaire s’exclame pour sa part, outrée, devant les caméras : « et ça gagne du pognon, ça, sur le dos du pauvre populo ». Marcello Mastroianni et Michel Piccoli font courageusement front devant ceux qui leur reprochent leur audace, réconfortés par leurs compagnes respectives Catherine Deneuve et Juliette Greco. Marco Ferreri fait l’exégèse de son film en expliquant qu’il s’agit d’une œuvre physiologique plutôt que psychologique. Ingrid Bergman, la Présidente du festival habituée aux austères manifestes de son ex-mari Roberto Rossellini, se pince le nez. Pendant plusieurs mois, Piccoli et Noiret se verront interdire l’accès à des restaurants ! Mais « La Grande bouffe » repartira quand même de Cannes avec le Prix de la Critique internationale, en ayant gagné non pas ses galons de chef d’œuvre, mais au moins son statut de film-culte, représentatif d’une époque où la provocation était encore un art et où elle avait encore un sens.

Marco Ferreri et l’équipe de « La Grande Bouffe » reçoivent huées et sifflets après la projection du film, en compétition pour la France. Le 22 mai 1973

De gauche à droite: Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Andrea Ferreol et Marco Ferreri en 1973

1974

René Clair, président du jury change les traditions. Cannes cette année ne sera pas diplomatiquement correct. Les prix donnés ne seront plus remis pour faire plaisir à tout le monde. Une petite révolution très bien accueillie parmi la presse.

Jean-Paul Belmondo ne se démonte pas face au mauvais accueil de « Stavisky » d’Alain Resnais. Pour lui s’amorce une nouvelle carrière: Il abandonnera le film d’auteur. C’était sa première co-production. Charles Boyer recevra, cependant, un hommage spécial.

La Croisette fait la découverte de quelques prodiges qui vont révolutionner le cinéma mondial.

Francis Ford Coppola avec « Conversation secrète » repart avec Le Grand Prix du Festival international du Film. Steven Spielberg et son « Sugarland Express » est salué pour son scénario et Martin Scorsese présente sa première oeuvre, « Mean Streets », avec un certain Robert De Niro. Pourtant aucun des trois films ne sera réellement un succès comparé au « Parrain », à « Jaws » ou à « Taxi Driver ».

Quinze ans après « A bout de souffle » ignoré, c’est au tour des « Valseuses » de passer à coté de la sélection officielle. Mais Miou-Miou et Patrick Dewaere marchent sur la plage….

Cette année-là, deux films sont censurés: « Histoires d’A » et « Liberté pour la femme », traitant tous deux de l’avortement. Les films sont censurés, et saisis par la police. Manifestation devant le palais. Des CRS empêchent la projection où le film est diffusé après la manifestation dans la ville en marge du festival. En 1967 déjà la censure avait frappé un sélectionné, « Ulysse » de Joseph Strick.

Affiche 1974

L’affiche est une création originale de Georges Lacroix, inoubliable globe oculaire ailé.

Jean-Paul Belmondo au festival de Cannes en 1974 (Présente « Stavisky »)

Patrick Dewaere et Miou-Miou au Festival de Cannes. Mai 1974

10 mai 1974
Première soirée de gala du festival de Cannes.

Gala d’ouverture du 27ème Festival de Cannes, avec comme invité d’honneur Federico Fellini. Le 10 mai 1974

Pierre Tchernia et Francis Ford Coppola, pour « Conversation Secrète ». Le 24 mai 1974

1975

Le Grand Prix du Festival international du Film est définitivement abandonné, la Palme d’or est rétablie.

Cannes en se sentant menacé à la fin des années 60, a réussi à grandir et se renforcer. Au même moment, Venise sombre dans un chaos organisationnel et politique. Berlin subit sa plus grosse dépression.

Jeanne Moreau, présidente du jury choisit un film, « Chronique des années de braise », d’un cinéaste  algérien, Mohammed Lakhdar Hamina, comme Palme d’Or. Montrant ainsi sa totale ouverture sur le cinéma mondial, qu’elle a toujours défendu, elle déroute les journalistes, dont la plupart n’ont pas daigné voir le film.

Sur la croisette on applaudit Vittorio Gassman dans une prestation émouvante de « Parfum de femme » de Dino Risi.

Maria Schneider présente le film « Profession Reporter » de Michelangelo Antonioni.

Après Jack Nicholson, Robert Redford, voici Dustin Hoffman, pour la première fois aux marches du palais, éblouissant dans « Lenny » de Bob Fosse, mais c’est sa partenaire, Valérie Perrine qui sera primée.

Affiche 1975

L’affiche est une création originale de Siudmak.
Fraîchement illustré des éditions polonaises de « Dune » de Frank Herbert, l’artiste Wojciech Siudmak a apporté une touche surréaliste à la Croisette.

Mohammed Lakhdar-Hamina évoque son film, « Chronique des années de braise », Palme d’Or au Festival 1975, où il raconte l’histoire des quinze années décisives qui ont précédé le début des « événements », en Algérie. Le 19 octobre 1975

Tournage musclé dans la jungle pour Catherine Deneuve et Yves Montand. Reportage autour du « Sauvage » de Jean-Paul Rappeneau. Catherine Deneuve et Yves Montand évoquent le problème du financement des films. Le 19 octobre 1975

Le cinéma indépendant continue sa percée dans le festival. Une première section parrallèle « Les Yeux fertiles » s’ouvre, pour les films sur les arts autres que le cinéma, et « Perspectives du Cinéma Français » consolident ses positions.

On assiste désormais à un festival à trois niveaux: La sélection officielle, les sélections non-compétitives, et le marché. L’Art, les nouveaux talents et les ventes. C’est sans doute l’un des changements les plus importants de l’Histoire du festival, pour assurer sa dominance. Le marché est un immense souk du cinéma, où tous les cinémas s’achètent et se vendent et où l’on recherche la perle rare.

Le Canada avec « Les ordres » de  Michel Brault et l’Allemagne pour « L’énigme de Kaspar Hauser » de Werner Herzog aux cotés d’un très percutant film de Costa-Gavras, « Section Spéciale » figurent dans un des palmarès les plus audacieux de l’histoire du festival.

Werner Herzog s’exprime sur son film « L’énigme de Kaspar Hauser », qui a reçu le grand prix spécial du jury au 28ème Festival, et qui raconte l’histoire mystérieuse d’un jeune homme trouvé en 1828 sur une place de Nuremberg, ne sachant ni lire, ni écrire et à peine parler.
Le 19 octobre 1975

Tobe Hooper est l’un des plus grands maîtres du genre Horreur, qu’il a totalement révolutionné en 1974 avec « The Texas ChainSaw Massacre » (« Massacre à la tronçonneuse »). Il a été projeté au Festival de Cannes en 1975 avant d’être interdit pendant 8 ans.

1976

Cette année 1976, il y deux monstres sacrés du cinéma.

L’un a explosé deux ans plus tôt avec « Les valseuses », l’autre sera révélé totalement à Cannes, grâce à Scorcese et son film « Taxi Driver », qui révélera aussi une autre star, une gamine de 14 ans, déjà dix films à son actif, vedette de « Bugsy Malone » d’Alan Parker, Jodie Foster.

Gérard Depardieu et son instinct. Robert De Niro et son travail unique des personnages.

Depardieu et De Niro réunis dans un même film de Bertolucci « 1900 ».

C’est aussi la dernière projection officielle de Sir Alfred Hitchcock.

 

« Monsieur Klein », l’un des meilleurs films avec Delon, est présenté en compétition, représentant la France, alors qu’il est réalisé par le Palmé et américain Joseph Losey. Totalement ignoré du jury, le film aura en plus de la polémique nationaliste, crée une désagréable rumeur autour de l’absence d’Alain Delon, en l’affirmant mort.

Comme Depardieu, Isabelle Adjani a aussi explosé il y a deux ans. Enlaidie dans un film bien français de Polanski « Le locataire », le film subit un accueil un peu froid. Mais elle devient vite l’actrice la plus hot.

La Quinzaine ouvre avec « L’empire des sens » de Nagisa Oshima. Le film est un triomphe, à tel point que, de cinq projections prévues on passera à douze.

Affiche 1976

Le voile se lève sur un paysage surréaliste. Le visage représenté sur le rideau n’est pas sans rappeler celui de la toile « Poème matinal » de cet artiste.

L’affiche est une création originale de Siudmak.

De Niro et Depardieu en 1976 sur le tournage de « 1900 » (Novecento) de Bertolucci

Robert de Niro dans le film de Martin Scorsese « Taxi driver » à Cannes le 20 mai 1976

Soirée d’ouverture du 29ème festival et montée des marches de Gene Kelly et Fred Astaire, Cary Grant, Yves Montand, Johnny Weissmuller. Le 14 mai 1976

Revue des films favoris du 29ème festival et rappel de l’importance du festival de Cannes sur le marché des films. Le 25 mai 1976

Jodie Foster, 13 ans, explique qui est le personnage de Travis Bickle, le « Taxi Driver » de Martin Scorsese, le tout entrecoupé d’extraits du film.
Le 28 mai 1976

Ettore Scola et Nino Manfredi parlent du film « Affreux, sales et méchants », présenté en sélection officielle, comédie qui met en scène une famille de zonards qui vivent autour de Rome. Le 26 mai 1976

1977

Après s’être échappé de ses précédentes commandes pour Cannes, Wojciech Siudmak a tourné pour le ciel avec une illustration qui a réaffirmé les convictions fondamentales du festival selon lesquelles le cinéma est divin, la nudité n’est pas grave et les paons ne sont jamais à leur place.

Cette édition 1977 est également marquée par la présence de la Princesse Grace. Descendue, pour un soir, de sa Principauté de Monaco, elle redevient Grace Kelly, le temps de présenter un documentaire dont elle a assuré le commentaire : l’histoire des Ballets Russes à Monte-Carlo, au début du XXe siècle, et de l’école de danse du Kirov. Son arrivée, qui se voulait discrète, est à l’origine d’une bousculade qui va donner quelques sueurs froides à ses gardes du corps.

Le président du jury, Roberto Rossellini, décerne une palme d’or très controversée à « Padre Padrone », des frères Paolo et Vittorio Taviani, mais ne donne ni Prix spécial du jury, ni Prix de la mise en scène. C’était la dernière fois: Robert Favre le Bret oblige désormais à décerner tous les prix principaux.

« Une journée particulière » d’Ettore Scola et « Trois femmes », de Robert Altman, pourtant ovationnés à la fin de leurs projections respectives, ne figurent pas au palmarès ! Maurice Bessy, le délégué général, habituellement silencieux déclare haut et fort, «un jury comme celui-là, je n’en ai jamais vu !».

La sélection française, dont la qualité avait été soulignée, n’est pas mieux lotie. « Le camion » de Marguerite Duras et « Un taxi mauve » d’Yves Boisset ne recueillent pas la moindre voix.

Affiche 1977

L’affiche est une création originale de Siudmak

Arrivée des célébrités pour le gala d’ouverture du 30ème festival, dans un climat d’inquiétude quant à l’avenir du cinéma français. Le 14 mai 1977

Une minuscule poignée d’envoyés spéciaux se rend à l’hôtel Miramar pour assister à la conférence de presse donnée par un culturiste autrichien, Monsieur Univers 1977, venu présenter un film sur la gonflette. Dans les jours qui ont précédé, ses attachés de presse ont tenté, en vain, de convaincre des journalistes de prendre le temps de découvrir cet inconnu, plein d’humour, et dont on allait sans doute beaucoup parler dans les années à venir. En vain. Personne n’a cru que ce «Monsieur Muscle» au nom imprononçable allait devenir une star. Beaucoup ont regretté ensuite d’être passés à côté des débuts d’Arnold Schwarzenegger.

Reportage à l’occasion de la présentation à Cannes du film « Pumping iron » sur le milieu du culturisme professionnel aux Etats-Unis. Interview d’Arnold Schwarzenegger, en slip de bain sur une plage à côté de Lova Moor.  Interview également de Serge Nubret, culturiste français. Extrait du film « Pumping iron » de Georges Butler.

1978

L’édition 1978 est marquée par l’arrivée d’un personnage d’importance dans l’administration du Festival: Gilles Jacob devient Délégué Général. Il crée la Caméra d’Or, qui récompense le meilleur premier film, toutes sélections confondues (Sélection officielle, Quinzaine des Réalisateurs et Semaine de la critique) et regroupe les sections non compétitives dans la sélection Un Certain regard.

En un seul festival, Gilles Jacob déclenchera un séisme salutaire qui fera de Cannes le plus grand Festival de Cinéma du monde.

  • Réduction de la durée du Festival (de deux semaines à 13 jours) justifiant qu’il n’y avait pas assez de bons films disponibles (la sélection est composée d’une vingtaine de films désormais). Diminution du nombre de films hors competition.
  • Création de la Caméra d’Or, servant à honorer un premier film, toutes sections confondues.
  • Rationalisation des sections parallèles. Un Certain Regard regroupe Les Yeux Fertiles, L’Air du temps, Le Passé composé. Un Certain regard permet de voler la vedette à la très gourmande Quinzaine des réalisateurs. Désormais les 3 sections sont équilibrées.
  • Starisation du jury: désormais ce seront des personnes de l’industrie, toutes reconnues dans leur métier.
  • Programme plus excitant grâce à des projections de minuit ou des Films surprises.

Aujourd’hui pour l’essentiel, le Festival n’a pas connu de grands bouleversements depuis cette « révolution culturelle ». Il s’agit même d’un modèle pour tous les autres Festivals.

Alan Parker embrase le Festival avec sa caméra pointée sur la dictature turque. Applaudit, le film recevra aussi de violentes critiques (racisme, pornographie, réac’), et certains remettront en question la sélection de « Midnight Express », pourtant, l’acteur Brad Davis y est époustouflant.

La Palme d’or revient à un réalisateur discret, Ermanno Olmi, pour sa chronique des vies de cinq familles dans une ferme lombarde au 19ème siècle, « L’Arbre aux sabots ».

Son compatriote Marco Ferreri, habitué à choquer, présente son plus récent film, « Rêve de singe », avec Marcello Mastroianni et Gérard Depardieu. Fraichement accueillie, cette fable futuriste et new-yorkaise reçoit pourtant le Grand Prix.

Louis Malle emmène une « Pretty Baby » Brooke Shields  et la future grande Susan Sarandon avec son film et continue d’explorer les tabous et les peurs de notre société, de ses mœurs. Scandale chez les américains. Mais les fans perturbent la fin de la projection, juste pour voir les deux stars. 

Claude Chabrol entraine Jean Carmet, Stéphane Audran et Isabelle Huppert dans un parricide intense avec « Violette Nozière ». L’actrice repart avec le Prix d’interprétation féminine.

Tout comme Jon Voight qui lui remporte son équivalent au masculin avec « Coming Home » au coté de Jane Fonda. Avec Jon Voight, elle trouve un rôle qui allie ses convictions politiques (elle a lutté contre la Guerre du Vietnam), et un jeu tout en nuance. Elle est au top de sa carrière. 

Mais Cannes passe aussi à coté de Molière de Mnouchkine avec Philippe Caubère… d’une durée de 3 heures 50! Poquelin se prend des jets de tomates et se fait siffler. Le film sera l’un des plus grands triomphes de la télévision française.

Farrah Fawcett est à Cannes pour présenter le film produit par Mel Simon, « Somebody killed her husband ».

« Renaldo et Clara » de Bob Dylan, son unique film docu-concert, dure quand à lui 4 heures…..

Affiche 1978

L’affiche est une création originale de Folon.

Avant l’ouverture du 31ème Festival, le nouveau délégué général Gilles Jacob dit quelques mots de la sélection, qui a pour ambition de proposer au public le meilleur de la production cinématographique mondiale. Le 16 mai 1978

Louis Malle vient présenter son film « Pretty Baby » à Cannes, pour la sélection américaine, film qui raconte l’histoire d’une jeune fille de 12 ans, dans une maison close de la Nouvelle-Orléans, en 1917. Il est entouré de ses acteurs Susan Sarandon, Brooke Shields et Keith Carradine. Le 20 mai 1978

Dans sa propriété du Sud de la France, Dirk Bogarde revient sur sa longue carrière, sur le type de personnage trouble qu’il a souvent interprété, sur ses aspirations et sur sa collaboration avec Rainer W. Fassbinder pour « Despair ».
Le 19 mai 1978

1979

L’édition 1979 fait l’objet d’une importante controverse. Sept mois après avoir présidé le jury, la romancière Françoise Sagan dénonce le fonctionnement de l’institution en déclarant: « Il est exact que j’ai essayé de faire pression sur le jury. Tout simplement parce que la veille, M. Favre le Bret qui, lui, n’avait pas à intervenir, avait tenté la même manœuvre.« 

Elle défend « Le Tambour » de Volker Schlöndorff tandis que le jury soutient « Apocalypse Now » de Francis Ford Coppola pour lequel le Festival accepte au préalable tous les ordres, contre-ordres, contraintes techniques et caprices.

Les bobines parviennent une à une à l’aéroport de Nice, via Paris où elles sont sous-titrées, au fur et à mesure qu’avance le travail de montage de Francis Coppola à Los Angeles. Gilles Jacob déroge à la règle qui interdit à un cinéaste déjà lauréat de la Palme d’or de revenir en compétition (Coppola l’avait obtenue cinq ans plus tôt pour Conversation secrète).

Lors de l’ultime délibération, la Palme d’or est attribuée à la quasi-unanimité au film américain. Furieuse, Sagan se retire avant la fin des débats et fait ses valises. Pour étouffer le scandale, une délégation vient lui proposer un compromis : accepter que la Palme soit décernée ex-æquo à « Apocalypse Now » et au « Tambour » en échange de son silence. Sagan obtempère mais rompt sa promesse quelques mois plus tard. Sa révélation fracassante déclenche un mouvement de révolte dans la presse contre le Festival. Elle clame que « Le Tambour » a été le seul vrai choix du jury. Le Festival répond que Sagan a laissé une ardoise de 10 000 francs au palace où elle logeait, que le Festival a refusé de lui payer et qu’elle se vengerait. Alors vengeance ou vérité? 

Après cette édition houleuse, Jacob prend deux mesures pour la suite: supprimer définitivement la règle empêchant les lauréats de la Palme de revenir en compétition et interdire toute ingérence de la direction dans les décisions du jury.

Finalement, la Palme d’Or sera accordée ex æquo aux deux films.

Affiche 1979

L’artiste belge Jean-Michel Folon a contribué à cette conception dans son style classique étrange, creux et hyper-saturé. Une solution idéale pour un des meilleur cru de tous les temps du festival qui présentait des films comme « Apocalypse Now », « Days of Heaven » et « Woyzeck » de Werner Herzog.

L’affiche est une création originale de Folon.

Lors de l’ouverture du 32ème festival, interview du délégué général Gilles Jacob qui présente l’esprit de la sélection et du ministre de la culture Jean-François Lecat qui s’exprime sur la prétendue « crise » du cinéma français. Le 10 mai 1979

Cérémonie d’ouverture officielle du 32ème Festival avec Yves Montand et Lauren Bacall parmi la foule et à la sortie de la projection du film de Milos Forman « Hair ».
Le 11 mai 1979

Selon les dires de Gilles Jacob ,1979, est l’une des plus belles années du Festival.

Une ouverture musicale et jeune, 11 ans après la comédie musicale : « Hair » de Milos Forman.
Un Woody Allen, pas loin d’être son meilleur, avec « Manhattan ». Des minutes entières d’applaudissements devant un rideau tombé.

Et aussi Huston, Fellini, Rosi, Lelouch…..

Des films anthologiques: « Les Moissons du Ciel » (avec un jeune nommé Richard Gere), « Le grand embouteillage », « Norma Rae », « Le Tambour », « Apocalypse Now »….

Des cinéastes pour la première fois en compétition….
Alain Corneau pour « Série Noire ». Et Dewaere qui frôle le prix d’interprétation.
André Téchiné pour Les « Soeurs Brontë » avec Marie-France Pisier, double césarisée.

Michael Douglas présente sa nouvelle production: « Le syndrome chinois », premier film à réellement traiter des conséquences du Nucléaire. Prix d’interprétation pour Jack Lemmon (il en aura un second en 82) en scientifique sacrifié. Le producteur Douglas peut croiser ainsi Milos Forman (« Vol au dessus d’un nid de coucou »), et surtout découvrir une très belle région où il tentera de relancer un studio, La Victorine, quelques années plus tard.

Le Whisky-a-go-go devient la boîte « In » pour danser.

Le conseil municipal discute et vote la démolition du Casino municipal, le premier palais du festival de Cannes. Personne n’a eu l’idée de le classer monument historique.

On envisage de construire un vaste batiment de congrès, avec un casino et des salles de projections, pour un coût de 35 millions de $. Un bâtiment pour les festivals….

Aperçu de la sélection du 32ème festival avant la soirée de lancement.
Le 09 mai 1979

Interview de Woody Allen, venu présenter son film « Manhattan » à Cannes, hors compétition. Il évoque la culture américaine d’aujourd’hui et son amour de la musique. Le 12 mai 1979

Entretien avec Patrick Dewaere sur le Festival de Cannes, sur lui-même, sur ses envies de cinéma.
Le 27 mai 1979

Panorama des films primés à Cannes : Autour de « Norma Rae », entretien avec Sally Field et Martin Ritt, Autour du « Syndrome Chinois », interview du producteur Michael Douglas, enfin entretien avec Völker Schlondorff pour « Le Tambour ». Le 26 mai 1979

Liens

https://www.festival-cannes.com/fr/73-editions/retrospective/1970/affiche
http://www.cannes-fest.com/an1970.htm
https://www.linternaute.com/cinema/evenement/1305576-festival-de-cannes-chic-et-glamour-depuis-70-ans/1305748-lennon-et-yoko-ono
http://www.cannes-fest.com/an1971.htm
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Le Festival de Cannes - 1970 / 1979

Les années 1980-1989 (En Cours)

Le Festival de Cannes - 1970 / 1979