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Les salles de cinéma à nice

Nice, comme vous le savez, possède un patrimoine cinématographique important. Outre ses Studios de la Victorine, elle regroupe le plus de salles de cinémas après Paris.

Tout débute avec l’invention du Cinématographe, des Frères Lumières en 1895. Un an plus tard, en février 1896, Nice découvrait la première projection dans l’Eldorado, une salle de music-hall située au 4 rue Garnier (aujourd’hui avenue de la Liberté)

Les salles de cinémas ne cessent d’ouvrir avec cette invention. Les projections des courts-métrages de l’époque étaient diffusées jusqu’alors dans des cours d’immeubles, des salles privées, des journaux, etc…, et souvent, puisque programmes courts, intercalées entre les différents shows des spectacles. Mais devant l’engouement de cette nouvelle attraction populaire, des salles de cinémas s’ouvrent, presque tous autour de la gare et de son avenue (devenue avenue de la Victoire aprés la première Guerre Mondiale, aujourd’hui avenue Jean Médecin).

C’est ainsi que le premier vrai cinéma, en 1905, Le Cinéma Lumière, que l’on suppose au 3, avenue Georges Clémenceau ouvre ses portes.

Beaucoup d’autres vont se succéder au fil des décennies. Certains y sont encore, d’autres ont disparus.

C’est l’histoire de ces arrières cours, de ces façades et de ces cinémas qui ont accueillis tant de projections, de joie, de découvertes et de légendes que je vais essayer de vous détailler ici.

Exposition en 2019 sur l’histoire des salles de Cinémas à Nice.

Les cinémas de Nice en 1946.
1896 - Music Hall Eldorado

Cet établissement de spectacle se situait au coin de la rue Garnier et du passage Négrin (aujourd’hui 4, rue de la Liberté). Il présenta pendant deux mois les premières projections à Nice, du 28 février au 22 avril 1896. L’Eldorado disparut en 1897.
En 1938, un cinéma s’installera au même emplacement : Le Cinémonde.

1896 - le casino municipal

Après avoir accueilli des représentations du cinématographe dans son jardin d’hiver dès 1896, le casino municipal aménagea une salle de cinéma qui ouvrait sur le boulevard Mac Mahon (aujourd’hui Jean Jaurès) : Le palais du cinéma.
Elle fonctionna jusqu’en 1973.

Cette partie de la façade du casino était sur la place Massena. Il était placé à l’endroit exact où se trouve actuellement les jets d’eau de la Coulée Verte. Face au casino, il y avait le jardin Albert Premier qui existe toujours aujourd’hui bien sur.

Les jardins d'Hiver du Casino Municipal - Nice
1896 - la jetée-promenade

Son concurrent organise également des projections cinématographiques occasionnelles.

La Jetée-Promenade (Photo DR)
1903-1906 - La taverne Steinhof

La Taverne Steinhof, 27 avenue de la Gare, organise des projections cinématographiques dans son jardin

En 1907, La salle du 27 avenue de la Gare s’appellera Pathé, puis Eldorado, puis Eden Puis Gaumont-Palace en 1961, puis Pathé-Masséna.

Cette cour, photographiée vers 1960 avant que ne s’édifie le Gaumont-Palace (actuel cinéma Pathé-Masséna), correspond au jardin de la Taverne Steinhof.

La salle du Gaumont-Palace (aujourd’hui Pathé-Masséna) peu après son inauguration en 1961.

Façade du Gaumont-Palace
Une salle du Pathé-Masséna
Façade du Pathé-Masséna
1905 - le casino tabarin

Construit par l’architecte Dalmas en 1903, l’immeuble « Palais Donadei » occupe un îlot tout entier à l’angle du boulevard Victor-Hugo, des rues Raynardi, Eugène-Emmanuel et Maréchal-Joffre. On y trouve une salle de spectacles couplée à des salles de réception et de jeux appelée « Théâtre des Variétés » puis « Casino Tabarin ».

Le Casino Tabarin y est édifié dans la cour. Il y accueille, dès 1910, des projections périodique et n’a cessé, jusqu’à maintenant, d’être un cinéma. La même année, s’annonce, au Théâtre des Variétés, l' »American Cinema » dans sa salle à ciel ouvert. L’établissement ajoute en 1920 à sa dénomination Variétés « Cinéma Palace » afin d’indiquer qu’il est désormais plus que cinéma.

À partir de 1943, il devient cinéma à part entière. Il contient alors 552 places au parterre et 140 au balcon.

Il est devenu multisalles en 1982. Sept salles sont aménagées dans le volume de l’ancienne salle ainsi que dans certains anciens espaces qui accueillaient les salles du Casino Tabarin. Des aménagements des époques précédentes, demeure notamment en 2019, une grande salle en parquet bois avec frise et colonnes staffées, vestiges des anciennes salles de jeux du Casino Tabarin (non ouverte au public). Cet espace a un temps, servi de loges (graffitis). L’actuelle salle de cinéma n°3 conserve les trois arcades du fumoir du 1er étage, visibles sur des photographies anciennes. Quelques éléments décoratifs correspondant aux modifications des années 1940 et 1950 demeurent, notamment au niveau des anciennes sorties de la salle de spectacle. 

Le Cinéma Variétés est toujours en activité aujourd’hui.

Le "Palais Donadeï", avant l'installation du "Casino Tabarin", futur "Théâtre des Variétés" - Photo libre de droit (domaine public)
Façade du Casino Tabarin à la fin des années 1930
Façade du Cinéma Les Variétés
Plan du Cinéma Variétés
Façade du Cinéma Variétés - 2015
Façade du Cinéma Variétés - 2017
1905 - le cinéma lumière

C’est en 1905 que s’ouvre la première salle exclusivement réservée au cinéma, le Cinéma Lumière, que l’on situe approximativement au 3, avenue Georges Clémenceau.

1907 - l'artistic cinéma

Dans une impasse qui donne sur le 4 boulevard Victor Hugo, ouvre l’Artistic Cinéma, « théatre des projections Parlantes » . Il deviendra Odeon Cinéma, puis Gaité en 1912, puis Olympia en 1916.

Aujourd’hui, il est utilisé comme agence de voyage.

Le Cinéma Gaité
Le Cinéma Gaité
1907 - Lyrique-le Français

Le cinéma Lyrique-le Français, ouvre ses portes avenue de la Victoire (l’actuelle 68 avenue Jean Médecin) à Nice. Il prend le nom d’Étoile puis le local devient un temps un restaurant avant de redevenir cinéma en 1939 (le ciné-club). Il se nommera Cluny en 1950, puis Le Français à compter de 1958.

Il ferme en 1980.

1908 - Ideal-Cinema

En juillet 1908, dans le jardin en triangle élevé de l’immeuble Garacci-Cauvin, 6 Rue Cotta (aujourd’hui Maréchal Foch), est édifié un bâtiment qui comporte un cinéma (appelé « variétés » sur la demande de permis de construire) et des boutique.

Le cinéma comportait un petit hall, un bar, un parterre et un balcon avec deux petits retours latéraux. Il accueille 500 places assises. L’entrée se faisait sur la rue Longchamp. Si le rejet de l’entrée sur la face latérale peut être la conséquence de la difficulté d’établir un plan cohérent sur une petite parcelle, il n’est pas impossible aussi, dans cette période où le cinéma est encore vu comme une distraction populaire, d’avoir ici la preuve d’une volonté de cacher quelque peu les foules s’y rendant. En effet, si la parcelle est proche de la grande avenue de la ville, lieu de loisirs (l’actuelle avenue Jean Médecin), elle est aussi en limite d’un quartier en devenir recherchant la clientèle bourgeoise. D’ailleurs la façade n’arborait-elle pas la dénomination de « cinéma-théâtre » alors que la salle ne possédait ni scène, ni loge.

En 1927, l’entrée de l’établissement se fait désormais au numéro 9 de la rue de Longchamp, perpendiculaire à la rue Cotta. L’ancienne façade devient tout naturellement la sortie de secours du cinéma.

En 1934, le Cinéma Idéal devient Studio 34 en référence au Studio 28 créé à Paris en 1928 et se spécialise, comme l’établissement parisien, dans la projection de films « de qualité » et de V.O. (ancêtre des cinémas classés Art et essai).

Devenu cinéma pornographique dans les années 1970, il ferme en 2000.

Il est aujourd’hui transformé en boutique, mais conserve sa façade et une partie des volumes intérieurs. C’est la salle la plus ancienne dont il demeure des éléments dans le paysage de la ville.

Demande de permis de construire, juillet 1908, H. Durante architecte, élévation de la façade sur la rue Cotta (actuelle Rue Maréchal Joffre) Archives Nice Côte d’Azur, 2T220 654.
L'Idéal Cinéma - 1912
Façade du Cinéma l'Idéal, Rue Cotta (Maréchal Joffre) - Photo libre de droit
Plan du rez-de-chaussée, Cinéma L'Idéal - 1912
La sortie de secours du Studio 34 photographiée en juin 1994 - Photo Marc Crunelle
Le Studio 34 photographié en juin 1994, au temps du cinéma "X". Photo Marc Crunelle
L'actuelle boutique dessous la façade d'origine du Cinéma L'Idéal - Octobre 2019
1910 - Le Nice Cinéma

Au 33 avenue de la Gare (avenue de la Victoire puis avenue Jean  Médecin), à côté du café de Lyon, Le Nice Cinéma ouvre, dans la cour, en mars 1910 puis devient Apollo (1912), Cameo (1928), de nouveau Apollo (1952) puis Avenue (1968).

Un projet de transformation du cinéma de 1967 sera réalisé, le cinéma devant se nommer le Miami, mais il se nommera finalement Avenue.

Avenue de la Victoire - Cinéma Apollo - Editeur : Artaud et Nozais à Nantes
1911 - Le Mercury

Le Cinéma Mercury est le plus ancien cinéma de Nice. Il existe depuis 1911 sous forme d’une salle unique qui a été transformée en multiplexe, en 1978. Là encore, il a été le premier cinéma de ce type des Alpes-Maritimes. Dans ce cinéma, la programmation a toujours été multiple avec une trentaine de films permettant au spectateur d’avoir un choix maximal. Dans l’actuel Mercury, l’ancien propriétaire avait développé des après-midi théâtrales pour les enfants d’où la mention « Théâtre » qui a longtemps figurée sur l’enseigne… Cela explique l’étroitesse des sièges dans les salles 2 et 3…

Mais il ne faut pas chercher ses racines dans l’actuel nouveau Mercury au 16, mais dans ce qui est aujourd’hui la « Maison des Associations », au 12. Le Mercury s’est donc petit peu déplacé.

Mercury est le seul cinéma d’art et essai de la ville de Nice.

Le Mercury a 2 salles en 1972, puis 7 salles en 1978, et qui était issu d’un cinéma à salle unique existant depuis 1901, le Politéama, qui fut au début du siècle dernier un beau théâtre à l’italienne avant de devenir un cinéma. 

Le cinéma qui nous intéresse aujourd’hui a ouvert ses portes en 1981, avec deux salles baptisées Mercury 8 et 9.

A la fin septembre 1991, l’ensemble des 9 salles du Mercury ferme ses portes, et le 30 octobre seules les deux ancienne salles 8 et 9, auxquelles s’ajoutera en 1992 une troisième salle, rouvrent leurs portes sous l’appellation Mercury.

Ce cinéma de 3 salles (84, 39 et 29 places) se tourne alors vers l’art et essai.

Lors des travaux qui allaient aboutir à la transformation du Mercury en « Maison des Associations », au début des années 2000, on retrouve les anciennes peintures du Politéama et l’escalier menant à la salle 1 toujours conservé.

Racheté en 2007 par le Conseil Général du département des Alpes-Maritimes, le Mercury poursuit avec bonheur sa carrière de cinéma art et essai.

En janvier 2022, il a été rebatisé le Cinéma Belmondo, en hommage à l’immense acteur du même nom, Jean-Paul Belmondo.

Le Département des Alpes-Maritimes, grâce à cet hommage, met le Cinéma Belmondo au premier rang national. En effet, il est le premier à porter le nom de l’acteur regrettablement disparu en 2021.

14, place Garibaldi Journal Le Petit Niçois, page publicitaire.
Façade avec la mention Théatre - 1996
Intérieur du Cinéma Mercury pour la transformation du Cinéma en association - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury pour la transformation du Cinéma en association - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury pour la transformation du Cinéma en association - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury pour la transformation du Cinéma en association - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury pour la transformation du Cinéma en association - Année 2000
Façade avec la mention Théatre - 2007
Façade du Cinéma Mercury - 2016
Rénovation du Cinéma Mercury - 2012
Intérieur du Cinéma Mercury
Façade du Cinéma Belmondo
1912 - L’electro-Cinéma

En 1912, au 29-31 de l’avenue de la République, presque à l’angle de la rue Barla, ouvre L’Electro-Cinéma.

Il devient Romeo Cinéma en 1913, du nom de son propriétaire Romeo Bosetti qui y projette les films comiques de ses sociétés La nizza et La comica, tournés dans les studios de la route de Turin à Nice (qui deviendront par la suite propriété d’Alfred Machin). On ne sait si la façade, agrémentée d’un énorme clown, a été réalisée. Dans le hall du Romeo trônait en son centre une fontaine lumineuse.

Il prend plus tard, le nom de Comoedia.

Il ferme ses portes en 1931.

29-31, rue de la République Demande de permis de transformation, août 1913, Barbier architecte, Archives Nice Côte d’Azur, 2T291 491.
Entrée du Cinéma Le Romeo
1913 - Le novelty

A coté du café de Paris, s’ouvre le Novelty cinéma mondain au 20 avenue de la Gare

1913-1915 - Le méditerranée

Le Palais de la Méditerranée au 7 promenade des anglais, entre le Ruhl et l’actuel office du tourisme assure également des projections cinématographiques.

Le Méditérannée
1913 - Rich-Cinéma

À l’angle des rues d’Italie et d’Angleterre, ce cinéma ouvre sous le nom de Rich-Cinéma et devient Modern Cinéma en 1915. Il ferme en 1930.

1913 - L’Excelsior

Le Cinéma Excelsior ouvre ses portes juste avant la Première Guerre Mondiale, en 1913, au 39 rue Pastorelli. Il présente un riche style néo-mauresque et sera une salle de renom.

Entièrement reconstruit en 1933 par Michaux et Willemsen pour s’adapter aux exigences du parlant, il cédera à la tentation érotique en 1970 pour quelques années puis ferme défintivement en 1985.

Le Cinéma prend le curieux nom de K7 en 1986 et enfin celui de Gaumont-Concorde. II diffuse alors les grands films de science-fiction des années 80 parallèlement à une programmation art et essai avec des films en V.O. et lors de la période d’Hitchcock de 84-85, l’essentiel de sa période anglaise.

Aujourd’hui, c’est un magasin d’articles professionnels pour coiffure.

Le support des lettres du cinéma, vient tout juste d’être retiré. On pouvait encore le retrouver, sur la façade, à la vertical, pas mal abimé, au niveau de la séparation d’entre les deux immeubles. Aujourd’hui en 2022, il n’existe plus, la façade ayant été refaite. On retrouve par contre, en faisant le tour du pâté de maison, les sorties de secours. 

Cinéma Excelsior, 39 rue Pastorelli, demande de permis de construire, 1912, coupe longitudinale de la salle (Archives Nice Côte d’Azur, 2 T 278/654)
Panneau d'indication du Cinéma Excelsior - Avenue de la Victoire - Nice
Salle de L'Excelsior
Enseigne du Cinéma le Concorde
Aujourd'hui - 2022
1914 - Quotidien l'eclaireur

Dans les locaux du quotidien L’Eclaireur de Nice, se situant à côté de la boutique, au 21 avenue de la Gare, des actualités y sont projetées.

Local du quotidien l'Eclaireur de Nice - 1886
1919 - Le tivoly cinéma

Le Tivoly Cinéma, exploité par Eugénie Ancelin, veuve Masson, ouvre en avril 1919, au 4 rue de la Tour, dans un quartier historique du Vieux-Nice, l’îlot Saint-François, à côté de la tour éponyme. Il occupe le volume d’une église franciscaine du XIII ieme siecle qui a fait l’objet d’un vaste chantier de réhabilitation et de fouilles archéologiques entre 2016 et 2018.

Il prend ensuite le nom de Tivoli Cinéma sous lequel s’appelle encore le bar voisin.

En août 1932, une demande d’autorisation de modification de la façade et des intérieurs est déposée par l’architecte Honoré Aubert et acceptée par la Ville un mois plus tard. Alors propriété de Joseph Zenensky-Thaon, ce cinéma, nommé L’Alhambra, va connaître des transformations faisant disparaître deux des trois voûtes sur croisée d’ogives de l’ancienne église ainsi que des embellissements de la période baroque.

D’une capacité de 1.000 places, L’Alhambra, rebaptisé Le Capitole Cinéma, accueille des projections jusqu’à la fin des années 1980.

L’année 1971 marque la division de la salle unique de 800 places en deux salles distinctes : Le Capitole correspondant à l’ancien orchestre, réduit au parterre et Le Capri à l’emplacement du balcon.

Le Capri se consacre au cinéma de série B, en double programme à partir de 1973, alors que Le Capitole propose majoritairement des films de kung-fu.

Les deux salles ferment à la fin des années 1980.

De nos jours, l’enseigne « Capitole » est toujours présente sur la façade et à  l’intérieur, comme l’épave d’un navire ancien, il reste encore les balcons, les décors décrépis et du matériel attendant le déblaiement.

Le cinéma Tivoly - Place saint-François - Nice (Domaine Public)
Projet du Cinéma Alhambra - rue de la Tour - 1932
Entrée du Cinéma Alhambra - rue de la Tour -1932
Ancienne façade avant peinture - Le Capitole
Ancienne Façade du Capitole
Nouvelle façade du Capitole
Nouvelle façade repeinte avec le Capitole à coté du bar le Tivoli
Intérieur du Cinéma Mercury avant sa transformation en "Maison des Associations" - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury avant sa transformation en "Maison des Associations" - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury avant sa transformation en "Maison des Associations" - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury avant sa transformation en "Maison des Associations" - Année 2000
Intérieur du Cinéma Mercury avant sa transformation en "Maison des Associations" - Année 2000
Elément décoratif relevé pendant l'opération archéologique préventive sur le site du "Capitole" menée entre 2016 et 2018 moulage en plâtre, Ville de Nice.
1919 - Actual-Palace

C’est en 1919 que début l’aventure du cinéma Actual-Palace sur l’artère qu’on nomme encore avenue de la Victoire (54 avenue Jean Médecin). La salle, qui est alors une salle d’actualités cinématographiques, connaît un début d’exploitation difficile qui l’amène à modifier à la fois sa programmation et son enseigne.

Après quelques mois de fermeture, la salle de 1600 places avec un orchestre de 17 musiciens, est reprise en 1925 par le producteur Jacques Haïk qui la renomme Cinéma de Paris.

En 1926, un nouveau changement d’enseigne intervient: la salle arbore désormais le nom de Paris-Palace-Victoria. Le 11 mai 1927, un certain Fernandel, alors comique troupier, fait partie du programme du cinéma. Le Paris-Palace est un des plus confortables cinémas de Nice et, en plus de puissants ventilateurs, dispose d’une salle à ciel ouvert. Les actualités Paramount sont projetées au Paris-Palace: On peut y voir la semaine du 27 juillet 1927 le reportage local « La courses des garçons de café » organisée à Nice par les établissements Dansan.

En 1936, suite à des difficultés financières, le Cinéma Paris-Palace ferme ses portes. Il est confié à une gérance qui fait faillite et amène la société Actual à reprendre l’exploitation du cinéma sous le nom éphémère d’Actual-Paris-Palace.

En 1951 la façade du Paris-Palace, exploité désormais par la société Gaumont, est rénovée par l’architecte Georges Peynet, connu comme l’architecte des cinémas.

En 1960, la salle est entièrement rénovée par ce même architecte.  Le Film français commente sa réouverture qui a lieu le 4 mars: « La salle très bien placée n’était pas mise en valeur, ni par sa façade, ni par son entrée. L’architecte a réussi à éliminer ces défaut: en maintenant l’ancienne marquise. Il l’a revêtue de plexiglas violemment éclairée: allégée, elle paraît avoir grandi et se couronne d’une enseigne horizontale développée sur toute la largeur. L’effet lumineux descend verticalement et sert à l’insertion des lettres de programmation. Le même mouvement lumineux se continue jusqu’au fond du hall où une série de dalles translucides compose un dessin original… Le foyer s’ouvre par une batterie de portes en frêne décoloré verni. Les sols et les autres murs sont tapissés d’une moquette « bleu émeraude » , mais sur les plafonds à deux niveaux jouent les « jaune de Naples » et les « rouge antique ». La salle a subi d’importantes modifications et le plafond ancien est masqué par un plafond surbaissé. A l’orchestre, les fauteuils en Jersey « gris de payne » clair se détachent sur le revêtement plastique « bleu électrique ». Dans les allées et dégagements ; moquette « corail ». Si le fond de la salle n’a pas changé, des coupoles en allègent le plafond de dessous la corbeille. En revanche, la corbeille a été totalement remaniée par des gradins de 1m10 de largeur implantés de fauteuils « club » d’un grand confort, également habillés de Jersey de nylon gris. La balustrade en fer forgé, à main courante de plastique « corail » remplace l’ancien muret. A l’orchestre, la moquette « bleu émeraude » garnit le fond et les murs latéraux ainsi que les vomitoires et les dégagements des corbeilles. Les parois latérales sont décorées de losanges « Jaune de Naples » qu’encadre un plissé soleil de soie de verre, mis en valeur par des appliques d’opale, laiton et verre teinté ».

A la fin du mois de mai 1973, la salle ferme ses portes pour subir d’importants travaux: deux salles sont créées sous la direction des architectes M. Scob et M. Touraine « l’une de 700 places, balcon et orchestre de tonalité bleue eu grise et écran de 7 mètres de base. La seconde salle de 300 places, balcon et orchestre, également de tonalité grise et bleu et écran de 7 mètres de base. Une seule cabine est créée pour les 2 salles, l’une semi-automatique Philips et l’autre automatique Cinémeccanica. Les fauteuils super confort à espacement métrique de teinte grise pour la salle 1 et bleus pour la salle 2″.

Le nouveau complexe de deux salles Paris-Palace rouvre ses portes à la fin de l’année 1973 et adopte une programmation dédiée aux films grand public. Pathé rachète le cinéma et le transforme en multisalles atteignant cinq salles et devient le Pathé-Paris.

Faisant suite à l’ouverture du Pathé Gare du Sud en 2018, la société d’exploitation décide de fermer son établissement centenaire le 30 juin 2019 et laisse orphelin le Pathé-Masséna, seul cinéma encore en activité sur l’avenue Jean-Médecin qui comptait, dans les années 1970, une dizaine de complexes cinématographiques.

Si vous faites le tour sur la rue perpendiculaire, vous trouverez encore les portes de sorties des salles du cinéma.

Cinéma Paris-Palace - 54, avenue Jean Médecin - Demande de permis de construire, avril 1920, Ch. Bellon et Ch. Bernard architectes, coupe longitudinale de la salle et de son balcon, Archives Nice Côte d’Azur, 2T312 120
Cinéma Paris-Palace - 54, avenue Jean Médecin - Demande de permis de construire, avril 1920, Ch. Bellon et Ch. Bernard architectes, élévation de la façade principale sur la rue de Paris, Archives Nice Côte d’Azur, 2T312 120.
Cinéma Paris-Palace - 54, avenue Jean Médecin - Demande de permis de construire, avril 1920, Ch. Bellon et Ch. Bernard architectes, détail de l’entrée sur l’avenue de la Victoire (actuelle avenue Jean Médecin), Archives Nice Côte d’Azur, 2T312 120.
Le Cinéma de Paris à l’heure de son inauguration le 9 octobre 1925.
[magasins Uniprix, Nice]. / Carte postale sépia anonyme. Non datée, [vers 1925]. Archives communales, Nice : 10 Fi 7956. A gauche du grand magasin, la façade du cinéma sur la rue de Paris est visible. A droite, l'entrée sur l'avenue Jean-Médecin est difficilement identifiable
Salle, vue de l'écran, du Cinéma Actual-Paris-Palace - 1936
L'écran, vue de la salle, du Cinéma Actual-Paris-Palace - 1936
La façade rénovée du Paris-Palace en 1951 exploité par Gaumont.
[Cinéma Paris palace, Nice], plan du balcon. / Tirage de plan. Georges Peynet. 1959. Archives communales, Nice : 2T835 341.
[Cinéma Paris palace, Nice, façade sur la rue de Paris]. / Tirage de plan. Georges Peynet. 1959. Archives communales, Nice : 2T835 341.
La façade du cinéma Paris-Palace en 1960.
Le hall du cinéma Paris-Palace en 1960
Vue de la salle avec l’orchestre et le balcon en 1960
Vue depuis le balcon du cinéma en 1960
Vue en 2008 de la façade du cinéma devenu Pathé-Paris
Le hall du Pathé-Paris en 2008
Le hall du Pathé-Paris en 2008
Sortie des salles du Cinéma Pathé-Paris - 2022 - Crédit LF
Sortie des salles du Cinéma Pathé-Paris - 2022 - Crédit LF
1920 - Le mondial Cinéma

En novembre 1920, un cinéma très luxueux, le Mondial, ouvre ses portes au numéro 5 avenue Maréchal-Pétain (aujourd’hui rue de la Liberté), dans le centre de Nice. Il est dessiné par Charles Dumas (Hotel Ruhl, Palais de la Méditerranée, Carlton à Cannes…) . Il est constitué d’une grande salle de projection tout en longueur avec 1200 fauteuils, un dancing au sous-sol, une piste de bowling, un bar américain… et possède une vaste scène et un balcon. Le Mondial ferme ses portes le 9 janvier 1968 et est entièrement démoli.

Fin 1968, on inaugure les deux salles créées par « l’architecte des cinémas » Georges Peynet. le Paramount Cinémas se divisant en deux salles, comme il était de coutume à cette époque.. Le Paramount-Nice et Studio-Nice, (693 et 297 fauteuils) en réutilisant un ancien dancing au sous-sol.

La fermeture définitive de l’établissement intervient en 1987.

Aujourd’hui c’est une banque qui occupe le lieu.

Cinéma le Mondial - Demande de permis de construire, juin 1920, Ch. Dalmas architecte, plan de situation, Archives Nice Côte d’Azur, 2T313 175.
le cinéma Mondial dans les années 1930.
Le Cinéma Mondial en 1941 avec à l’affiche « L’Assassinat du père Noël » de Christian Jaque.
Le Mondial en 1948 © La Cinématographie Française
Paramount Cinémas - Demande de permis de construire, mai 1968, G. Peynet architecte, coupe longitudinale des deux salles superposées, Archives Nice Côte d’Azur, 4 W 1766.
Le Mondial démoli - 1968
Coupe du Paramount - La grande salle avec son balcon en haut et la petite salle en dessous (ancien dancing) - 1968
Paramount Cinémas - 5, rue de la Liberté, Vue de la grande salle - 1968, Fonds Bérard, BMVR de Nice – Bib. R. Gary, PHO 386.
La grande salle - 1969
La petite salle - 1969
Hall du Paramount - 1969
La Banque aujourd'hui - 2022
1920 - Floreal-Cinema

Ouverture du Floreal-Cinéma au 29 avenue Malausséna.

Il devient garage en 1924 puis redevient cinéma en 1934. La demande de permis de construire de 1934 pour l’ouverture du Cinéma Royal présente un projet grandiose qui ne sera pas réalisé et le cinéma rouvre avec le nom de Malaussena.

Ce n’est qu’en 1949 que le Royal ouvrira, très largement remanié par les architectes Louis Constantin et Joseph Cordone, mais toujours à la même adresse. 662 fauteuils, un intérieur avec gorges surlignées de néons, une grande composition peinte au-dessus de l’écran et une façade avec trois éléments décoratifs avec le nom qui se déploie verticalement au centre, le Royal fait partie des grands établissements de la ville.

Il reste ouvert jusqu’en 1989 puis est transformé un cours moment en boite de nuit mais est finalement détruit.

Aujourd’hui, l’emplacement est occupé par un Cash Express.

Projet de Cinéma le Royal - Demande de permis de construire, 1934, L. Constantin et J. Cordone architectes, élévation, projet non réalisé, Archives Nice Côte d’Azur, 2T760 165.
Demande de permis de construire EN 1949, L. Constantin et J. Cordone architectes, élévation, Archives Nice Côte d’Azur, 2T1054 57.
Cinéma le Royal - Vue de l’écran depuis le balcon en 1949, Photographie Bérard, Archives société Atomic Néon
[Cinéma Royal, Nice, façade]. / Maurice Bérard. [Nice] : [s.n.], [circa 1950]. 1 photogr. pos. n. et b. Archives privées société Atomicnéon.
Aujourdhui à l'emplacement du Cinéma le Royal - 2022
1922 - Le central

Edifié en 1922, Le Central est le premier ensemble bâti couplant une salle (rez de chaussée et 1er étage) à un petit immeuble de rapport au 27 rue Bonaparte. Le Cinéma, avec toit ouvrant, fonctionne de 1923 à 1973 et ouvre avec 1078 fauteuils. L’entrée se fait par la Place du Pin, la voie la plus animée et sa façade publicitaire (enseigne « cinématographe » et affiches) s’expose sur la rue Bonaparte.

Sa décoration de style néo-classique demeure très Belle Epoque et des éléments, généralement abandonnés à cette période, y sont présents comme des loges. Son bar se poursuit au fond de la salle, qui permet de voir l’écran tout en consommant. Il possède un toit-ouvrant, structure courante à Nice.

Devenu salle de réunion, pour la loge maçonnique, il ne conserve aucune de ses dispositions intérieures mais présente toujours sa façade ornée rue Bonaparte et son volume, côté écran, rue Passeroni.

Le Central - Demande de permis de construire, 1923, A. Galli architecte, coupe longitudinale, Archives Nice Côte d’Azur, 2T330 392.
Projet de cinéma [cinéma Le central, Nice], 1922, plan du parterre.
Projet de cinéma, propriété de M. Aiglin [cinéma Le central, Nice], 1923, façade rue Bonaparte. Il s'agit du projet définitif avec un étage supplémentaire.
Cinéma le Central
La façade sur la rue Bonaparte en 2019 La cabine de projection correspond à l’oriel aveugle d’où le projectionniste pouvait s’échapper par un balcon rejoignant l’escalier de l’immeuble, en cas d’incendie des bobines. Cliché Ville de Nice.
Cinéma Le central. Entrée sur la place du pin. L'entrée du cinéma se faisait par les deux portes (aujourd'hui vitrines) de gauche, au rez-de-chaussée de l'immeuble de droite.
1927 - Le rialto

En janvier 1926, une demande de permis de construire est déposée concernant le terrain de grande superficie faisant le  coin sud-est de la rue de France et de la rue de Rivoli. Il s’agit de construire un grand immeuble de rapport et une salle de cinéma dans la cour de celui-ci, salle qui s’ouvrirait au 4 rue de Rivoli, en rez-de-chaussée et premier étage du futur immeuble. Ce cinéma constitue donc le premier exemple, à Nice, de salle liée à un ensemble d’habitation de très grande ampleur. Mais le résultat final diffère de la demande originelle. Si l’immeuble est en effet construit sur la rue de France avec un retour sur une partie de la rue de Rivoli (le palais Alphonse XIII) et le cinéma élevé dans la cour, la partie de l’immeuble qui aurait dû s’élever sur l’entrée et le foyer du futur cinéma n’est pas édifiée. Ce n’est qu’en 1956 qu’un immeuble s’élèvera sur le cinéma.

 Le cinéma, avec pour enseigne le Rialto, doté d’une salle de 1100 fauteuils, est inauguré en mars 1927. Chichement décoré avec une décoration en deux tons, vert éteint et corail, est à la fois une réussite et une audace. Les peintures des murs sont d’une chaude richesse, l’éclairage est une féerie lumineuse. Pas d’étage, mais un immense « parquet » de fauteuils grenat qui rappelle les salles parisiennes les plus en vogue.

Il deviendra multiplexe de cinq salles en 1978. Il est toujours en activité aujourd’hui et ainsi le plus ancien cinéma en fonctionnement de la ville. Il a été le premier cinéma à projeter du parlant en 1929 et le seul de la ville équipé en cinérama dans les années 1960 (présence d’un écran extra-large et projection par plusieurs appareils en simultané).

Propriété de M. Torrès, projet d'immeuble de rapport, [Nice, élévation sur rue de Rivoli]. / Tirage de plan. Albert Galli. 1926. Archives communales, Nice : 2T447 493 - A gauche, l'entrée du cinéma. En définitive, les étages ne seront pas édifiés au dessus de l'entrée du cinéma.
Propriété de M. Torrès, projet d'immeuble de rapport, [Nice, coupe avec bâtiment du cinéma dans la cour de l'immeuble]. / Tirage de plan. Albert Galli. 1926. Archives communales, Nice : 2T447 493.
Cinéma Rialto - 4, rue de Rivoli - Façade dans les années 1930, Archives Société Aubert.
Cinéma Rialto - 4, rue de Rivoli - Hall dans les années 1930, Archives Société Aubert.
Cinéma Rialto - 4, rue de Rivoli - Hall dans les années 1930, Archives Société Aubert.
Cinéma Rialto - 4, rue de Rivoli - Salle dans les années 1930, Archives Société Aubert.
Cinéma Rialto - 4, rue de Rivoli - Salle dans les années 1930, Archives Société Aubert.
La façade du cinéma Rialto en 1946
Le Rialto [Nice], propriété de la Société "Le Rialto", projet de surélévation, façade. / Tirage de plan. Albert Galli. 1956. Archives communales, Nice : 4W290 755. L'arrondi des arcades du rez-de-chaussée ne sera pas réalisé.
Le Rialto [Nice], propriété de la Société "Le Rialto", projet de surélévation, coupe. / Tirage de plan. Albert Galli. 1956. Archives communales, Nice : 4W290 755.
Le Rialto [Nice], propriété de la Société "Le Rialto", projet de surélévation, rez-de-chaussée. / Tirage de plan. Albert Galli. 1956. Archives communales, Nice : 4W290 755. Détail sur l’entrée.
Cinéma Rialto - Vue du hall, 1959, Photographie Bérard, Archives société Atomic Néon. Il s’agit de la nouvelle entrée, après la construction de l’immeuble actuel qui le surmonte.
[Le cinéma Rialto à Nice en 1958, cabine de projection]. / Photographie positive noir et blanc. Maurice Bérard. [circa 1958]. BMVR de Nice-Bibliothèque Romain Gary : PHO 382-383.
Cinéma le Rialto - 4, rue Rivoli - Fonds Bérard, BMVR de Nice – bib. R. Gary, PHO 382. Salle dans les années 1960
Hall du Cinéma le Rialto - 2017
Hall du Cinéma le Rialto - 2017
1928 - Le cinéma-ÉTOILE

Le Cinema-Étoile est une petite salle situé au 57 boulevard René Cassin.

Au début de sa carrière, il change régulièrement d’identité: Cinéma des Fleurs en 1932, Roxy en 1934 puis devint définitivement l’Eden en 1939 à la veille de la seconde guerre mondiale.

Cette salle de 300 places ferme  ses portes en 1971.

De nos jours, l’emplacement est occupé par un snack-bar mais la marquise est toujours visible.

Le cinéma en 1939 avec à l'affiche Géronimo de Paul Sloane - Photo libre de droit (domaine public)
Façade avec la marquise toujours visible - 2022
1922 - théâtre de la Renaissance

Un lieu de spectacle existait dans le bâtiment, peut-être depuis la fin du 19ème siècle. En 1922, une demande est faite pour une transformation de l’entrée du Théâtre de la Renaissance sur la rue de la République. A la même époque est mentionnée, à cette adresse (56 boulevard Risso et 54 avenue de la République), une programmation d’un cinéma Majestic peut-être en alternance avec des spectacles théâtraux.

Dans les années 1930, il est question à cette adresse d’un Cinéma Odéon.

En septembre 1941, le bâtiment fait l’objet d’une demande de transformations et il rouvre en 1942 sous le nom plein d’espoir de Pax (500 fauteuils).

D’autres transformations, plus limitées, ont lieu en 1954.

En 1975, il est transformé en cinq salles classées « art et essai »: Trois ouvertes côté boulevard Risso (Cinéma Méliès) et deux ouvertes sur la rue de la République (Cinéma Rio).

Entre 1986 et 1988, les cinq salles se nomment désormais Méliès. L’ensemble ferme en 1988.

Après une période d’abandon, l’édifice est transformé en 2002 en immeuble de logements nommé L’arte.

Le bâtiment rectangulaire du cinéma est édifié au coeur d’un grand îlot et est invisible de la voirie. La présence de nombreuses baies, obturées à l’époque du cinéma (et réouvertes depuis pour certaines), prouveraient que le théâtre-cinéma a pris la place d’un bâtiment déjà existant (de type atelier). Le seul élément aujourd’hui conservé de l’ensemble remonterait, eu égard à son style, à l’époque du théâtre. Il s’agit d’un fronton décoratif terminant le pignon Ouest. Ce fronton présente un balconnet arrondi aux volutes en ferronnerie, une tête de femme sur l’encadrement ainsi que des épis de faîtage en métal sur le sommet. Il devait couronner la façade d’entrée, côté boulevard Risso correspondant alors à l’un des quais du fleuve Paillon. Une modification d’alignement du boulevard et la construction d’un immeuble a fait écran entre la voirie et la façade d’entrée décorée du fronton. Il semblerait que la recherche d’une ouverture sur la rue de la République ait été rapide (déjà effective dans les années 1920) afin de bénéficier du chaland alors que les quais du paillon à cet emplacement demeuraient peu fréquentés. Un couloir d’accès a donc été construit sous l’immeuble bordant l’avenue de la République. Le couloir aboutissait à une sorte de foyer, pourvu d’un bar, installé dans un bâtiment bas accolé au Sud (démoli). La décoration de la salle, avec balcon, aujourd’hui disparue développait le style art déco : mouluration et agrafe surmontant l’écran, vases de la scène, pilastres latéraux, luminaires en appliques…

Cinéma L'Odéon, 56 bd Risso et 54 rue de la République à Nice, plan d'ensemble. / Tirage de plan. André Fabre. 1941. Archives communales, Nice : 2T951 209.
Cinéma L'Odéon, 56 bd Risso et 54 rue de la République à Nice, projet de transformations, l'écran l'entrée. / Tirage de plan. André Fabre. 1941. Archives communales, Nice : 2T951 209.
Cinéma L'Odéon, 56 bd Risso et 54 rue de la République à Nice, projet de transformations, coupe longitudinale. / Tirage de plan. André Fabre. 1941. Archives communales, Nice : 2T951 209.
Cinéma L'Odéon, 56 bd Risso et 54 rue de la République à Nice, projet de transformations, plan du rez-de-chaussée. / Tirage de plan. André Fabre. 1941. Archives communales, Nice : 2T951 209.
Cinéma L'Odéon, 56 bd Risso et 54 rue de la République à Nice, projet de transformations, plan du 1er étage. / Tirage de plan. André Fabre. 1941. Archives communales, Nice : 2T951 209.
Cinéma Pax, 54 rue de la République, Nice, plan et coupe. / Tirage de plan. L. Barbon. 1954. Archives communales, Nice : 4 W 160 298/54.
Ancien Cinéma Odéon, vue depuis l'ouest avant transformation en appartements, vers 1990
L'ancien Cinéma Odéon transformé en appartements, vue depuis le sud-ouest, 2010
L'ancien Cinéma Odéon transformé en appartements, détail du fronton décoratif, 2010
Cinéma Odéon, ancienne entrée sur l'avenue de la République en 2019
Entrée de l'ancien Cinéma Méliès du 56 Boulevard Risso. On aperçoit dans la cour l'ensemble d’immeuble "L'Arte"
1930 - L’esplanade

Un cinéma de quartier, Place Risso (aujourd’hui Place Armée du Rhin) est édifié dans la cour d’un bâtiment en construction au sein d’un ensemble immobilier, surmonté de deux coupoles, hébergeant un luxueux hôtel meublé portant le même nom.

Inauguré en septembre 1930, l’Esplanade-Cinéma peut accueillir, dans sa salle semi-enterrée réutilisant un grand entrepôt, faite de staffs et de stucs, 800 spectateurs répartis entre un orchestre, un balcon, quelques loges (de deux ou trois places) et un bar, au nord de la salle, ouvert également sur le boulevard Pierre Sola.

Il se fera sobrement appeler, quelques années plus tard, L’Esplanade après une tentative de spécialisation dans les films égyptiens en version originale.

Il ferme en 1979.

Il sera successivement remplacé par une boite de nuit pour quelques temps, restera sans activité pendant prés de dix ans et un établissement ouvrira ses portes en 2014 sous le nom de Palace, salle de spectacles consacrée aux événements privés et professionnels. Il est toujours en activité.

Cinéma de L'esplanade [Nice], plan général. / Tirage de plan. Honoré Aubert. 1929. Archives communales, Nice : 2T562 580. Plan du parterre
Cinéma de L'esplanade [Nice], plan du 1er étage. / Tirage de plan. Honoré Aubert. 1929. Archives communales, Nice : 2T562 580. Plan du balcon
Cinéma de L'esplanade [Nice], coupe longitudinale. / Tirage de plan. Honoré Aubert. 1929. Archives communales, Nice : 36 W 29.
Cinéma de L'esplanade [Nice], coupe longitudinale. / Tirage de plan. Honoré Aubert. 1929. Archives communales, Nice : 36 W 29. Vue rapprochée de la caisse, l'accès vers le balcon, l'accès vers le bar
Cinéma de L'esplanade [Nice], vue vers l'entrée. / Tirage de plan. Honoré Aubert. 1929. Archives communales, Nice : 36 W 29.
Photo libre de droit (domaine public) - Vers 1930
Cinéma L'Esplanade - 1931 - Avec à l'affiche le film "Marius" de Alexander Korda
Façade du Cinéma L'Esplanade - 1956 - Avec à l'affiche le film "La Famille Trapp" de Wolfgang Liebeneiner
Reste de l'enseigne du Cinéma l'Esplanade - Année 2011
Façade "Le Palace" sur la place de l'Armée du Rhin - 2019.
1930 - Le cinéma colisée

Le Cinéma Colisée ouvre ses portes en 1930 au 45, boulevard Auguste Raynaud.

L’établissement cesse son activité en 1984.

Cinéma Colisée - 45, boulevard Auguste Raynaud - Le fronton, vers 1970, Cliché Raymond Valente, Nice-Ville de Philippe Chartron & Raymond Valente, éd. l’Amourier, 2009. Salle disparue.
Façade aujourd'hui - 2022 - Capture Google Street View
1933 - L'édouard VII

Le Cinéma Édouard VII, doté d’une salle de 400 places, s’installe, en 1933, à coté d’un autre Cinéma, le Variétés, dans une petite partie de l’édifice rectangulaire de la cour. Son entrée se faisait par le centre de la façade opposée, sur l’avenue Maréchal-Joffre au numéro 8.

Devient pendant l’occupation Coucou en 1941, Cesar en 1943 puis reprend son nom à la libération et reste en activité jusqu’en 1986.

Dans les années 50-60, Édouard VII propose une programmation en V.O  anglaise.

A la fin des années 70, il se scinde en deux salles.

En 1985, il se tourne vers le cinéma pornographique.

En 1987, un nouvel exploitant le transforme en cinéma d’art et d’essai, l’atelier du cinématographe mais ne dure que quelques mois avant sa fermeture définitive.

Transformé en discothèque après sa fermeture, l’ancien cinéma est de nos jours occupé par un restaurant

Plan du Cinéma Édouard VII à coté du Cinéma Variétés - 1947
Façade de l'ancien Cinéma L'Édouard VII - 8 rue Maréchal Joffre - Restaurant aujourd'hui - 2022
1933 - L'escurial

Inauguré le 30 novembre 1933 par la presse, situé à l’angle de la rue Alphonse-Karr et de l’avenue Georges Clemenceau, le rendant visible depuis l’avenue de la Victoire (l’actuel avenue Jean Médecin), le cinéma L’Escurial ouvre ses portes dans un immense complexe immobilier « le palais Escurial ». Les fresques, sur les murs latéraux de la salle, peintes par Étienne Doucet (1890-1978), un artiste qui a également officié sur les parois de l’église Notre-Dame-Auxiliatrice, est l’un des joyaux de l’Escurial et représente des scènes de l’antiquité. D’un côté une scène de l’époque de Périclès (tirée de la procession des Panaténées du Parthénon) et de l’autre un triomphe devant l’arc de Titus à Rome.

La salle de l’Escurial, comportant 1.375 fauteuils, est en éventail, suivant la forme irrégulière de la parcelle où le cinéma est implanté. Elle est dotée d’une climatisation obtenue par le passage d’air sur des pains de glace. Son orgue (du facteur Auguste Convers), qui devait être destiné aux entractes, L’Escurial étant inauguré à l’époque du parlant, possédait quinze jeux et présentait l’innovation d’une harpe à ondes électriques sonores. Les tuyaux étaient cachés dans des «chambres expressives» ouvertes sur la salle par des jalousies réglables. Démonté en 1980, il est depuis conservé par la ville. Outre l’orgue, il posséde également une grande scène et un balcon. L’entrée est individualisée du reste de la façade par un parement.

L’Escurial peut s’enorgueillir d’être la première salle du Sud-Est à s’équiper, dès 1953, en CinemaScope avec l’installation de l’écran «Miracle-Mirror-Screen». Le gala d’inauguration du CinemaScope a lieu le 23 décembre 1953 en présence de M. Henri Chrétien, inventeur de l’Hypergonar, avec la première projection à Nice de « La Tunique » de Henry Koster.

Le cinéma devient discothèque en 1980 qui fermera en 2009 puis restaurant aux diverses enseignes successives, le volume originel de la salle restant conservé, puis en plusieurs supermarché à partir de 2012. Les peintures d’Eugène Doucet sont détruites.

L'Escurial [Nice], plan du rez-de-chaussée, le cinéma, la galerie, les magasins. / Tirage de plan avec ajout de couleur. Léonard Varthaliti. 1931. Archives communales, Nice : 2T652 591.
L'Escurial [Nice], plan du premier étage et du balcon. / Tirage de plan avec ajout de couleur. Léonard Varthaliti. 1931. Archives communales, Nice : 2T652 591.
[Cinéma L'Escurial, Nice, détail des fauteuils]. / Dessin à l'encre sur papier anonyme. Non daté [circa 1933]. Archives communales, Nice : 36 w 24.
Palais l'Escurial, plan du rez-de-chaussée, du 1er étage et du balcon. / Impression. Dans Béton armé, mai 1936 n°339 et juin 1936 n°340.
Vu du Palais - 1933
Annonce de l’ouverture officielle du Cinéma l’Escurial le 1er décembre 1933
La façade de l’Escurial le 18 avril 1934 avec à l’affiche Feu Toupinel de Roger Capellani.
L'Escurial - Cinéma
L'Escurial - Cinéma - 1934
[cinéma l'Escurial Nice, galerie d'accès à la salle]. / Photographie positive anonyme noir et blanc. Non datée. Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conservation régionale des Monuments historiques, Aix-en-Provence : MHR93_02061796Z_P.
Cinéma L'Escurial - Vue de la salle avec l'orchestre et le balcon - Domaine public
Cinéma L'Escurial - Salle - Domaine public
Cinéma L'Escurial - Salle - Domaine public
Cinéma L'Escurial - Salle - Domaine public
Cinéma L'Escurial - Salle - Domaine public
L'Escurial - Détail de la décoration les Romains
Détail de la décoration peinte intitulée « les Romains », Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, photographie, MHR93_02061801Z.
[cinéma l'Escurial Nice, détail de la composition peinte "Les Romains"]. / Photographie positive anonyme couleur. [1979]. Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conservation régionale des Monuments historiques, Aix-en-Provence
[cinéma l'Escurial Nice, composition peinte "Les Grecs", vue depuis le balcon]. / Photographie positive anonyme noir et blanc. Non datée. Direction régionale des affaires culturelles de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Conservation régionale des Monuments historiques, Aix-en-Provence : MHR93_02061792Z_P.
Installation du CinemaScope et de la stéréophonie pour la sortie du film "La Tunique" en 1954
Façade du Cinéma L'Escurial avec l'affiche du Docteur Jivago - 1965
Façade restaurant et boite de nuit
Façade du supermarché Casino
Façade Lidl - Capture écran Google Maps - 2022
1933 - Le Forum

Le premier projet d’immeuble sur la parcelle (Marcel Delattre architecte, demande de 1931), au 45 promenade des Anglais, non réalisé, ne comporte pas de cinéma. Le projet de 1932, réalisé, de Georges Dikansky, en comporte, lui,les plans.

La salle de 1400 fauteuils est décrite dès son ouverture comme sobre et sombre, sans décoration particulière, comme l’ensemble des façades du bâtiment. Les escaliers étroits permettent l’accès de part et d’autre au balcon et au parterre et les caisses sont installés dans un profond hall tout autant étroit. Une ouverture en arrondi comportant les portes d’accès et une décoration de ferronnerie semblent à l’origine délimiter un espace ouvert sous auvent (ce dernier demeure encore en place).

Dans la revue corporative La Cinématographie française, Edmond Epardaud évoque les caractéristiques de la salle: « Son éminent architecte Georges Dikansky incorpora la salle dans tout un ensemble de luxueux immeubles qui occupe un vaste angle à pan coupé formé par la Promenade des Anglais , le Boulevard Gambetta et la rue Saint-Philippe. La difficulté dit M Dikansky était de construire la salle sur l’emplacement de la cour intérieure, sans nuire au confort ni à l’hygiène des appartements. Cette disposition m’obligea à donner à la salle une forme ovoïde qui contribua d’ailleurs à assurer une acoustique parfaite. Le Forum mesure 32 mètres dans son plus grand axe, celui de l’écran et de la cabine sur 20 mètres. Une véritable scène de 5 mètres de profondeur, élément très rare même dans les grandes salles modernes, permet la réalisation de spectacles de comédie ou d’exécutions musicales. 1250 fauteuils confortables y trouvent place aisément tant à l’orchestre qu’à la mezzanine. Le plus grand soin a été apporté aux accès. Sur toute la vaste surface de l’orchestre, il y a près de 50 mètres de la façade extérieure au proscenium, nulle marche n’existe, elles ont été remplacées par des plans légèrement inclinés. Et il n’y a pas moins de quatre sorties tant sur la Promenade que sur la rue Saint-Philippe (…) Sur les murs blancs légèrement teintés crème, le gris domine. L’ensemble donne une impression d’eurythmie et d’équilibre remarquable, une impression de repos visuel qui contribue à situer les films dans le cadre le plus favorable ».

Le cinéma bénéficie en 1958 d’une modernisation de sa décoration par l’architecte Georges Peynet. Les transformations les plus spectaculaires se trouvent dans la salle: « L’écran ramené devant l’ancien cadre de scène a 11 m X 5,50m. Son effet de largeur est continué par le plissé gris français. Un podium originalement et pratiquement traité, souligne cette volonté d’élargissement. La forme  de la salle est adoucie et les cloisons de redressement sont tendues d’un nouveau tissu « Rhovyl » et de soie de verre, d’un dessin sobre et actuel. La couleur « Azalea Orange » est en harmonie avec la moquette des côtés et du fond de salle rouille orangé (…) Cette ambiance d’orangé est dans l’esprit Côte d’Azur, couleurs gaies, jeunes et « relaxes » que vient exalter un groupe de clips lumineux d’une sensible élégance ».

Le nouveau Forum est inauguré le 14 octobre 1958 au cours d’une brillante soirée de gala organisée par l’UGC-SOGEC en présence de personnalités locales de l’industrie du cinéma.

Il ferme en novembre 1982. Il devient ensuite cafétéria puis discothèque.

La discothèque le High Club occupe actuellement l’ancien volume du cinéma.

Palais de la Promenade, Nice [actuel immeuble Le forum, façade principale] / Georges Dikansky. 1932. Dessin sur papier. Archives communales, Nice : 2T668 111
Demande de permis de construire, G. Dikansky architecte, 1932, plan du rez-de-chaussée (entrée du cinéma), Archives Nice Côte d’Azur, 2T668 111
Le Forum - Cinéma et immeuble vers 1930, carte postale, Archives Nice Côte d’Azur, 10 Fi 735
Journal "Le Petit Niçois" - 12.01.1933 - Publicité pour l’ouverture du cinéma Le Forum
L’immeuble Forum en 1933
La salle du Forum en 1933
La salle du Forum rénové en 1958
La salle du Forum rénové en 1958
Le hall rénové du Forum en 1958
Le film "Les Dix commandements" à l’affiche du nouveau Forum en 1958.
Le film "Les Dix commandements" à l’affiche du nouveau Forum en 1958.
Le gala de réouverture du Forum en 1958
Salle rénovée dans les tons orangés - 1958
L’ancienne entrée du Forum, aujourd’hui transformée en boîte de nuit
1934(?) - Le Cinétoile

Je trouve la trace de ce cinéma qu’à partir de 1934. Peut-être existait-il avant mais je n’ai pu trouver aucune informations dessus.

Il était au 43, avenue de la Victoire. (Aujourd’hui avenue Jean-Medecin).

J’ai trace de ce cinéma encore en 1946. Rien entre ces deux dates et rien après, à part qu’il a été transformé en cinéma pornographique.

Le Cinétoile
Le Cinétoile se situait à l'emplacement du "MiniMax" - Photo Google Maps - 2022
1934(?) - Le magnan-cinéma

Je trouve la trace de ce cinéma qu’à partir de 1934. Peut-être existait-il avant mais je n’ai pu trouver aucune information dessus.

Il se situait au 24, avenue de la Californie. (Aujourd’hui détruit et transformé en impasse). Il disposait de 350 places.

J’ai trace de ce cinéma en 1934, 1936 et 1946.

D’après certaines photos trouvées, il était toujours en activité en 1974.

Grève des salles de cinéma de Nice le 10 janvier 1936
Les cinémas de Nice en 1946
Le Cine Magnan - Non daté - Environ 1970
1934 - Le rex

En mars 1933 est déposée une demande de permis de construire pour ériger dans une cour, au 3 rue Paganini, un cinéma et un immeuble qui prend place sur celui-ci. Le rez-de-chaussée et le premier étage de l’immeuble sur rue, existant préalablement, sont réaménagés afin de faire bénéficier le cinéma d’une ouverture sur rue avec une importante longueur de façade. La salle de cinéma prenant place dans la totalité de la cour, l’accès à l’immeuble sur cour se fait par le premier étage de l’immeuble sur rue, à travers une galerie couverte prenant place sur le toit-terrasse de la salle de cinéma.

Le cinéma, nommé Rex, fonctionne de 1934 à 1986. Il est inauguré un an après l’ouverture de la prestigieuse salle de cinéma de l’Escurial (ouvert en 1933), distante de quelques mètres seulement. Proche de cet établissement de luxe emblématique, le cinéma Rex gagne ainsi en visibilité, montrant des films déjà projetés par son voisin, mais le faisant à un tarif moins élevé (« deuxième exclusivité »). Pour les dernières années de son exploitation, il se convertit, comme beaucoup d’autres, en cinéma pornographique. Il devient ensuite une salle de théâtre: Le Théâtre de la Cité

Le cinéma se caractérise par une devanture aux larges ouvertures encadrées par des pilastres à cannelures plates dont le sommet est constitué d’un vase d’où s’échappent feuillages, fleurs et fruits dans le style art déco.

La salle a perdu sa disposition originelle lors de la transformation en théâtre : agrandissement de la scène, mise en place de gradins…

[Cinéma Rex, Nice, coupe longitudinale]. / Tirage de plan. Louis Bivel. 1933. Archives communales, Nice : 2T716 203 A gauche, l'entrée du cinéma sous l'immeuble existant de la rue Paganini ; A droite, le nouvel immeuble sur cour ; Au centre, la cour entre les deux immeubles.
Le cinéma Rex, mai 1978, Paris, Cit" de l'Architecture et du Patrimoine, Archives d'architecture du XXième siècle, Fonds Eldorado, association pour l'histoire des salles de cinéma
La façade de l'ancien cinéma Rex (aujourd'hui Théâtre de la cité) au 3 rue Paganini - 2019
Cinéma Rex (aujourd'hui Théâtre de la cité), vue de la salle en 2019
1938 - abc

S’ouvre au 33, rue Masséna, le cinéma ABC (nommé ainsi afin d’être en première place dans l’annuaire des cinémas). Il fonctionne jusqu’en 1948 puis est transformé en nouveau cinéma en 1949 suite à une nouvelle décoration réalisée par l’architecte M. Guilgot.

Il prend le nom de Ritz en 1950 avec une salle de 370 places. Dés le début des années 1960, il s’oriente vers l’Art et l’Essai puis au cours des années 1980 se divise en 3 salles dont une pornographique. Il ferme en 1990.

C’est actuellement une maroquinerie.

CINÉMA RITZ 33, rue Masséna Vue de l’entrée, 1950, Photographie Bérard, Archives société Atomic Néon
Façade de l'Ancien Cinéma Ritz - Aujourd'hui Maroquinerie - 2022 - Google maps
1941 - Le Star

La salle a ouvert en 1941 à l’emplacement d’un dancing et ferme en 1967. Adossée aux halles St Roch Mont-Boron, rue du docteur Richelmi, dans le quartier Riquier, la salle finit en fabriquant d’enseignes avant d’être démolie au début des années 2000 avec tout le bloc.

le Star proposait à ses clients un garage gratuit à l’intérieur.

Une plaquette éditée pour les cent ans du cinéma à Nice propose un témoignage de M Guglielmo qui évoque les séances du jeudi après-midi, en ces temps où les enfants n’allaient pas à l’école ce jour là. Séances complètes avec documentaire, actualités et dessin animé, les gens apportaient leurs chaises, les enfants resquillaient, les hommes se retrouvaient au bar.

1945 - Le California

Le California, cinéma de quartier, situé au carrefour des Bosquets, au 202 Avenue de la Californie, ouvre  au lendemain de la seconde guerre mondiale.

L’emplacement du Cinéma California se perd dans le nœud de la voie rapide. Il a été occupé par ensuite par un snack et un parking.

Il est devenu depuis longtemps un kiosque à burger, très connu dans les années 90, sous le nom de Jack Burger.

Ancien Emplacement du Cinéma Le California - Le Kiosque Jack Burger - 1996
1949 - Le jeanne d’arc

Le cinéma Le Jeanne d’Arc, s’implante en sous sol sous l’église du même nom, au 7, rue Charles Péguy.

Il fonctionne comme cinéma de patronage puis cinéma de quartier de 1949 à 1974. Il prenait place dans une partie de la crypte de l’église. En demeure une décoration murale représentant un soleil se levant sur la mer, l’applique lumineuse centrale représentant l’astre solaire. Cet élément restauré est visible dans les locaux du centre diocésain d’art sacré.

Le cinéma est partit, l’église est restée.

Eglise Sainte-Jeanne-d'Arc de Nice - Vue générales - Auteur de l'illustration : Heller Marc ; Roucaute Gérard
Décoration murale du Cinéma Jeanne d'Arc
Cinéma Le Jeanne-d’Arc, 7 rue Charles Péguy, vestiges de décor (futur centre diocésain d’art sacré).
Nice, l'église Sainte-Jeanne d'Arc
1955 (?) - Cineac

En 1955 (?), ouvre le cinéma Le Cineac au 20, avenue de la Victoire.

Aujourd’hui se tient un fast-food à l’enseigne Mc Donald’s.

Le cinéma Le Cineac avec à l'affiche le film "Pas de souris dans le buziness" - 1955
Manifestation devant le Cineac en solidarité des mineurs en gréve - 1963
Le cinéma Le Cineac avec à l'affiche le film "Fantomas contre Scotland Yard" - 1967
Le cinéma Le Cineac avec à l'affiche le film "Fantomas contre Scotland Yard" - 1967
Mc Donald's - 2010 - Photo LF
1957 - Le monte Carlo

Une demande de permis de construire est déposée en 1956 pour la construction d’un cinéma Le Monte-Carlo au 41, avenue de la Victoire (Actuellement avenue Jean Médecin).

Il s’y tiendra jusqu’au 6 juin 1981, date de sa fermeture.

Il deviendra un fast-food à l’enseigne « Quick » puis en 2018 « Burger King ».

CINÉMA LE MONTE-CARLO - 41, avenue Jean Médecin - Demande de permis de construire, mars 1956, V. Scob et C. Neveu architectes, vue de la salle. Archives Nice Côte d’Azur, 4 W 257.
CINÉMA LE MONTE-CARLO - 41, avenue Jean Médecin - Demande de permis de construire, mars 1956, V. Scob et Ch. Neveu architectes, vue perspective de l’entrée, Archives Nice Côte d’Azur, 4 W 257.
CINÉMA LE MONTE-CARLO - 41, avenue Jean Médecin, Vue de l’entrée, 1958, fonds Bérard, BMVR de Nice - Bibliothèque R. Gary
Publicité pour le film "On m'appelle Alleluia" au Monté-Carlo - 1971
Publicité pour le film "Spiritos Santos" au Monté-Carlo - 1972
Cinéma Le Monté-Carlo transformé en fast-Food avec pour enseigne "Quick"
Cinéma Le Monté-Carlo transformé en fast-Food avec pour enseigne "Burger King"
1959 - Le Lux

Cinéma de quartier, le Lux se situe au 128, bd de cessole.

Les dernières ouvertures de salles, fin des années 1950 et début 1960, concernent désormais des quartiers éloignés du centre-ville.

1960 - Le rio

Cinéma de quartier, Le Rio se trouve à l’ariane, au 153 boulevard de l’Ariane.

Le cinéma ouvre en 1960 et ferme au début des années 1970.

Le bâtiment est encore visible.

CINÉMA À L’ARIANE - 153, boulevard de l’Ariane - Demande de permis de construire, avril 1960, projet de construction d’un cinéma, Archives Nice Côte d’Azur, 4 W 550.
Façade de l'ancien cinéma - Google Maps - 2022
1970 - Le cinéma vog

Cinéma de quartier, il était situé au fond d’une ruelle entre la rue Gioffredo et la rue Alberti. (Passage du Temple Vaudois?).

L’endroit a été comme oublié par le temps. Là où sont déposées, au fond de l’impasse, les poubelles, se trouvait la sortie de service du Cinéma Vog, dont la façade se trouve rue Alberti (c’est désormais un garage???). Et sur le mur ocre, on peut encore lire l’inscription peinte : « Cinéma Vog« .

Il a été un simple parking à la façade jaune canari après une période de diffusion de cinéma pornographique.

1999 - Le pathé-lingostière

Le 6 décembre 1999, au 604, Route de Grenoble, dans le complexe commercial de Nice Lingostière est inauguré le premier multiplexe cinématographique des Alpes-Maritimes. Le Village Cinéma, du groupe australien Village Road Show comporte dix salles et 1499 fauteuils.

Quelques années après son ouverture, l’exploitation est reprise par les cinémas Pathé, constituant ainsi leur troisième implantation sur Nice, avec les Pathé Masséna et Pathé Paris situés sur l’avenue Jean Médecin, en centre-ville.

Le multiplexe est agrandi en mars 2010 avec l’ajout de 3 grandes salles supplémentaires – à l’emplacement d’anciennes surfaces commerciales jamais utilisées pour la plupart depuis l’ouverture en 1999, portant la capacité totale à 2 812 fauteuils pour 13 salles. Dans la foulée, le cinéma fut entièrement redécoré et le dispositif d’accès aux salles complètement revu, puisqu’il faut désormais passer successivement par des espaces de vente (boissons, confiseries, etc.) et un espace « loisirs » (bar de 80 places et salles de jeux) pour obtenir son ticket puis atteindre enfin les salles obscures…

Il a été le premier cinéma à se doter du 4DMAX.

Il est toujours en activité sous son impressionnant dôme de verre.

Le Pathé-Lingostière du temps de l'enseigne "Toy's R Us" -
Couloir accès aux salles - 2010 - Avant rénovation
Le bar - 2010 - Avant rénovation
Couloir accès aux salles - 2021
2018 - Le pathé-gare du sud

C’est le 5 mars 2018 que le tout nouveau complexe cinématographique Pathé-Gare du sud a ouvert ses portes au coeur de l’ancienne gare du même nom, dans le quartier de la Libération au numéro 9 de l’allée Charles Pasqua.

Le multiplexe dispose de 1537 fauteuils répartis sur 9 salles sur une superficie de 4 150m².

C’est le célèbre designer français Ora Ïto (à qui l’on doit notamment le design des rames de deuxième ligne du Tramway de Nice) qui s’est vu confier la réalisation de l’intérieur du complexe. L’ouverture de ce nouveau cinéma marque par la même occasion la fermeture du Pathé Paris situé à quelques mètres de là, en haut de l’avenue Jean Médecin gardant au nombre de 3 le nombre de cinéma du groupe avec le Pathé Masséna et le Pathé Lingostière.

Le Pathé-Gare du Sud dispose d’une salle certifiée « Dolby Cinema » encore inédite dans le Sud de la France. Ce sont 207 fauteuils Recliners premium inclinables avec une entraxe de 2 mètres, combinés aux technologies Dolby Atmos, Dolby Vision, avec son immersif et écran de 20 mètres.

Entrée du cinéma Pathé-Gare du Sud - 2018
Façade du cinéma Pathé-Gare du Sud - 2018
Hall d'entrée du cinéma Pathé-Gare du Sud - 2018
La salle Doby et son écran - 2018
Les fauteuils inclinables "Recliners premium" dans la salle Dolby Cinéma - 2018
2021 - Le mégarama

Le groupe de Jean-Pierre Lemoine ouvre son 27ieme cinéma le 10 décembre 2021: Le Mégarama à Saint jean d’angely, Avenue François Mitterrand au quartier Vauban.

Un complexe cinématographique de dix salles, toutes accessibles PMR, avec environ 1400 fauteuils premium “club rocking” – qui s’inclinent légèrement – et répartis sur trois niveaux atteignables par des larges escalators automatiques.

Un grand hall avec billetteries et stands confiseries, un premier étage comportant 6 salles et d’autres comptoirs confiseries, un second étage avec un petit espace privatisable ainsi que les 4 autres  salles dont la fameuse salle Horizon dotée de projecteurs lasers 4K de chez Barco, d’un écran mur à mur et du sol au plafond ainsi que du son Dolby Atmos.

Le complexe cinématographique Mégarama - 2021
Hall du Mégarama - Comptoir confiseries - 2021
Hall du Mégarama - Billetterie - 2021
Salle Horizon du Mégarama - 2021
Hall d'entrée du Mégarama - 2022 - Crédit LF
Hall d'entrée du Mégarama - 2022 - Crédit LF
Les liens qui m'ont permis de faire ce travail

https://www.nice.fr/uploads/media/default/0001/24/Catalogue_Expo-Cinemas-Nice_A42019_bd.pdf
http://niceautrefois.canalblog.com/archives/2018/01/02/36154880.html
https://www.nicematin.com/vie-locale/on-vous-rappelle-lhistoire-extraordinaire-du-casino-de-la-jetee-promenade-85014
http://un-culte-d-art.overblog.com/2016/06/cinema-pathe-massena-nice-la-loi-de-la-jungle-en-mode-burlesque.html
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/dossier/salle-de-spectacle-dite-casino-tabarin-puis-les-varietes-puis-cinema-dit-varietes/9e0900b1-947d-4597-8bd2-7a3763621099
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/dossier/cinema-dit-ideal-puis-studio-34-actuellement-boutique/5253041c-b909-436f-ae10-6d7744bec172
https://cinemabelmondo.departement06.fr/annexes/historique-du-mercury-10649.html
https://sallesdecinemas.blogspot.com/2017/06/mercury-nice-06.html
https://www.delcampe.net/fr/cartes-postales/europe/france/06-alpes-maritimes/nice
https://archives.nicecotedazur.org/quartiers/nice-vie-des-quartiers-pastorelli/
http://www.en-noir-et-blanc.com/avenue-de-la-victoire-p1-2694.html
https://www.google.fr/maps/
http://rol-benzaken.centerblog.net/2577-les-salles-de-cinema-de-nice-france
https://www.ina.fr
https://twitter.com/actualites_nrv/status/1504712502239715335
https://archives.nicecotedazur.org/expo/saint-francois-le-temps-retrouve/
https://monumentum.fr/ancien-couvent-saint-francois-pa00125704.html
http://cinematreasures.org/theaters/49148
https://sallesdecinemas.blogspot.com/2013/03/paramount-nice-studio-nice-nice-06.html
https://salles-cinema.com/anciens-cinemas/le-mondial-nice
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/illustration/ivr9320190600886nuc1a/1754a532-5160-4c60-b82b-cc66d9e6752f
https://sallesdecinemas.blogspot.com/2011/05/eden-nice-06.html
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/illustration/ivr9320190601038nuc1a/b524025f-9473-46a5-9e6d-5503b80c23f3
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/dossier/cinema-dit-l-esplanade-actuellement-etablissement-de-danse/356cabce-b05b-43c0-adec-177b8657026b
https://sallesdecinemas.blogspot.com/search?q=EDOUARD+VII
https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/dossier/cinema-dit-l-escurial-puis-etablissement-de-danse-actuellement-supermarche/edfd429a-9b5c-47f6-ab88-36934a5e89da
https://sallesdecinemas.blogspot.com/2020/05/escurial-nice-06.html
http://patrickallemand.canalblog.com/archives/2009/04/26/13488732.html
https://salles-cinema.com/anciens-cinemas/escurial-nice
https://salles-cinema.com/anciens-cinemas/forum-nice
https://www.webtimemedias.com/article/multiplexe-louverture-du-village-cinema
https://mister-riviera.com/2018/03/06/le-cinema-pathe-gare-du-sud-ouvre-ses-portes-a-nice-liberation/
https://associationprise2.wordpress.com/tag/le-pathe-gare-du-sud/
https://nice.megarama.fr/FR/40/decouvrez-cinema-megarama-nice.html
https://www.bfmtv.com/cote-d-azur/replay-emissions/bonsoir-cote-d-azur/nice-un-nouveau-cinema-quartier-vauban_VN-202202220433.html
https://www.cine-mob.fr/realisation/megarama-nice-vauban
https://www.boxofficepro.fr/megarama-prend-ses-quartiers-a-nice/

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